
On parle en effet de “littératie” aujourd’hui dans Le Devoir, à propos des malades qui ne sauraient pas “lire une posologie, comprendre un traitement ou exprimer clairement leurs maux“.
En somme, il s’agit de problématiser l’étrangeté naturelle des hommes pour la maladie et les remèdes chimiques, en leur faisant croire qu’elle témoignerait d’une carence culturelle, voire même intellectuelle, qui nécessiterait une mise au point pédagogique.
La proportion serait rien de moins qu’une personne sur deux. Une prétention statistique ahurissante tout à fait typique du techno-progressisme, et que plus personne ne prend la peine de remettre en question.
Un malade sur deux, donc, qu’il s’agit de convaincre qu’il est malade une deuxième fois en raison de son analphabétisme médical. Un malade sur deux appelé à considérer la maladie comme quelque chose de familier et de convivial.
Une personne sur deux qu’il s’agira de convaincre de s’inscrire à un atelier de rééducation…