Pharma

Les pharmacies suédoises vont vendre des godemichés“, titrait fièrement aujourd’hui ce grand journal modéré, raisonnable, rationnel, centriste, tolérant, médian, mitoyen, citoyen, lucide qu’est La Presse.

On apprend dans l’article ce qu’on a du mal à croire, lorsqu’on vit au Québec depuis toujours : qu’il y aurait quelque part, sur la planète, un pays plus cinglé que le nôtre, encore plus zélé dans ses politiques mortifères de rééducation et d’infantilisation. Il semblerait en effet que le Suède ait une longueur d’avance sur le Québec, du moins si je me fie à cette incroyable information, qui veut que toutes les pharmacies, en Suède, soient régies par un monopole d’État.

Grâce à ce monopole, le gouvernement suédois a pu lancer une réjouissante initiative : à partir de juin, toutes les pharmacies du pays “vendront des objets favorisant le plaisir sexuel, dont le godemiché“. Une porte-parole du nom de Linge Bergman a justifié ce choix en arguant que “la vie sexuelle est une partie importante de notre bien-être et de notre santé.” Cette bonne fée de la débandaison générale ose même ajouter que le gouvernement cherche ainsi à “dédramatiser l’usage d’objets sexuels, pour faire en sorte que ce ne soit plus un secret ou honteux“.

C’est sans surprise que l’on apprend que cet assassinat anérotisant aura lieu en partenariat avec l’Association suédoise pour l’éducation sexuelle (RFSU).

Ce cauchemar suédois n’est pas que suédois, il est occidental. On a peut-être pas de pharmacies d’État, au Québec, mais on a pire : un État tout entier converti à la logique pharmaceutique, concevant toute forme de désir et d’opposition différenciatrice comme une dérive qu’il s’agit de traiter ludiquement par le sérieux enfantin du coffre à outils managérial.

À chaque fois qu’il est question de laisser plus de place dans “nos” écoles aux associations de toutes sortes pour “l’éducation sexuelle”, lesquelles ne sont bien souvent que des prolongements faussement neutres d’organisations militantes, tâchons de se rappeler l’exemple de la Suède, qui révèle une vie sexuelle entièrement soumise à la prophylaxie d’État…

Le sexe dans les pharmacies, c’est ce qui reste quand le techno-progressisme a achevé sa révolution.