Le phénomène est assez rare pour qu’on le souligne : un commentaire intelligent a été publié sur le blogue de Patrick Lagacé.
Le dénommé “Verret” écrit : “@ Patrick Lagacé : C’est SON pouvoir discrétionnaire. Pas le mien ni le tien. Ce pouvoir fait partie de la Loi. S’il est exercé dans un sens qui ne fait pas notre affaire, tough luck. Donc, oui, DURA LEX SED LEX, on n’en sort pas. Quand on est valet, on n’est pas roi. Je n’aurais pas forcément pris la même décision s’il m’était revenu de décider, mais en attendant, la décision ne m’appartient pas.
Cela dit, dans ce cas précis, la pression médiatique aura peut-être raison des autorités et une volte-face est probable ; ce serait un étrange message à envoyer, mais je n’en serais pas étonné le moins du monde.“
Lagacé prétend se placer du côté de la Justice parce qu’avec sa réaction sentimentale et démagogique il refuse au directeur de prison le droit d’exercer son pouvoir discrétionnaire. Alors que ça n’a pas de sens. Un pouvoir discrétionnaire qui n’est plus à la discrétion de celui qui doit l’exercer n’est justement plus un pouvoir discrétionnaire.
Comme si le directeur de prison était moins bien placé que le premier chroniqueur médiatique venu pour décider si, oui ou non, le prisonnier dont il a la charge depuis quatre ans devait être libéré prématurément.
C’est sans doute ce qui est le plus inquiétant dans toute cette “compassion” dégoulinante mise de l’avant par les médias : le refus de l’autonomie institutionnelle et la dénonciation infantile de la moindre décision qui se dérobe encore à la transparence absolue des sentiments.
En ce sens, je ne serais guère surpris, moi aussi, que le directeur de prison soit appelé à plier au chantage médiatique. Une mention à “Oprah” et l’affaire sera vite réglée.
Et dire qu’il y aura des imbéciles pour présenter cela comme une victoire de la “démocratie”. C’est tout simplement monstreux. Monstrueux.