Gouvernement

Voilà ce qui arrive lorsqu’une société agonise : le Gouvernement ne se mêle de rien de ce qui importe (réduire le fardeau fiscal, enseigner les savoirs fondamentaux à l’école, protéger les citoyens ordinaires dans les villes, s’occuper des affaires étrangères), et se mêle de tout ce qui n’importe pas (tourisme, algues bleues, garderies et bagarres au hockey).

Apparemment, la travailleuse sociale Michelle Courchesne, ainsi que le psychologue en chef Jean Charest, n’ont pas du tout aimé ce qu’ils ont vu de Jonathan Roy, samedi dernier à l’aréna de Chicoutimi. Je vous rappelle pour information que Courchesne est ministre et que Charest est premier ministre. Et les voilà en train de commenter une bagarre au hockey! Rien que ça! Et pourquoi pas commenter - ce qui ne saurait tarder - les bagarres dans les cours de récréation?

Le plus intéressant dans tout ce vaudeville étant bien entendu l’empressement avec lequel un peu tout le monde espère voir l’État pondre l’un de ces fameux plans d’action dont il a le secret. D’ailleurs, n’est-il pas remarquable de voir que personne ne semble las de cette nouvelle intervention de l’État, tant cette omniprésence est devenue la norme?

Pas d’inquiétude, amis concitoyens. L’État va intervenir. Oui, il va interdire les bagarres au hockey, et non, il ne tiendra pas compte de la moindre objection. Pourquoi? Parce que ça relève de santé publique et de bien-être citoyen, deux thèmes qui figurent au coeur même de sa mission de rééducation. Et l’État ne souffre aucune opposition en ces matières. Aucune.