
Il faut lire ce courrier du lecteur dans Le Devoir d’aujourd’hui pour saisir la profondeur du ressentiment de l’époque. “Indépendamment de la suspension qu’imposera peut-être la Ligue de hockey junior, le procureur général devrait intenter des poursuites. Qu’il donne l’exemple. C’est la seule façon, ultime, de policer ces poltrons matamores et leurs gérants d’estrade excités par la bière tiède” juge cet homme pas du tout gérant d’estrade lui-même, qui a eu la singulière idée, en début de texte, de citer Amir Khadir.
Les choses se gâtent au paragraphe suivant, quand il est dit que Patrick Roy est une personnalité “antisociale et impulsive“, et que ce diagnostic pourrait être ”validé” (quel vocabulaire effarant!) par n’importe quel psychologue de l’État. Selon notre techno-progressiste, cette détestable tendance à la combativité témoignerait d’un désir latent chez Patrick Roy d’être le roi du monde et d’humilier tous ceux à qui son excellence porterait ombrage.
Conséquence? Que lui et son fils aillent en prison! L’un ou l’autre, n’est-ce pas la même chose? Le même nom de famille? “Que les sentences soient exemplaires. Qu’ils soient poursuivis dans un procès.” Oui, qu’ils paient! Qu’ils expient!
Et notre bien-pensant de rajouter que le “hockey est le sport national qu’il veut voir à la télévision, pas le combat de lutte extrême où on procède à la mise à mort de martyrs, pour le plaisir sadique de Patrick Roy.“
Je ne sais pas si le spectacle de Jonathan Roy, se précipitant sauvagement sur Bobby Nadeau, avait pour but de satisfaire le seul plaisir sadique de Patrick Roy. En revanche, on peut se douter que le spectacle extrêmement violent, depuis quelques jours, du fils et du père lynchés par une foule se réclamant de la plus haute vertu se déroule, lui, pour le plaisir sadique de bien des personnes, à commencer par “Sébastien Bouthillier, Montréal“…