
Article de commande ce matin dans La Presse, signé Michèle Ouimet, pour exécuter le nouveau candidat à la chefferie de Vision Montréal, Benoit Labonté.
Je ne juge pas ce théâtre de la destruction. Le journalisme, bien sûr, fait de la politique, même et surtout quand il prétend ne pas en être. Seuls les anges croient vraiment encore à “l’objectivité” du journalisme, qui est avant tout une arme de guerre.
Je vous invite seulement à goûter le contraste entre le sentimentalisme compassionnel des médias et leur froideur d’exécution quand vient le temps de disposer d’ennemis politiques. On goûte ce spectacle comme on goûte un fruit amer.
Même les reçus de stationnement à 1,95$ et les factures de Dollarama sont évoqués pour illustrer la supposée ”mesquinerie” du nouveau prétendant à la mairie de Montréal. C’est ce qu’on appelle du beau travail sale. Ma question : pourquoi le fait d’aller repêcher dans les poubelles comptables jusqu’à ces factures insignifiantes ne serait-il pas aussi “mesquin”?
Parce que le journalisme, dans nos sociétés modernes, a le monopole de la représentation, ainsi que le pouvoir exclusif de dicter ce qui est mesquin ou pas.
Tout l’intérêt du “journalisme” en ligne, si jamais il y en a un, est de représenter à son tour le ridicule du journalisme traditionnel, et de défaire ce monopole.
Ça ne veut pas dire que le journalisme traditionnel disparaîtra. Mais la nouvelle donne le forcera assurément à changer ses façons de faire.