Payette

Si l’autorité de l’État, qui a le monopole de la violence symbolique sur le territoire, est disqualifiée en tant qu’instrument de dissuasion et de violence nécessaire, ce qu’on appelait jadis “l’ordre public” n’existe tout simplement plus.

Lise Payette suggère que les caméras de télé excitent les partisans, et que ce sont ces caméras qui sont la vraie raison des débordements. Fort bien. Et le printemps? Les soirées de plus en plus en chaudes? L’ivresse de la meute? Le goût de la destruction? L’alcool qui coule dans les veines des fans? On n’en finirait pas d’aligner les raisons.

Beaucoup de facteurs peuvent agiter les êtres. C’est pourquoi la police existe : pour contenir l’agitation et réprimer ceux qui outrepassent les limites imposées par la loi. Autrement dit, ce n’est pas la foule qui dicte la loi. C’est la société à travers ses institutions.

Aux dernières nouvelles, la police n’était-elle pas l’une de ces institutions?

Je sais que ce raisonnement fatigue par sa netteté, tant il est élémentaire. Mais apparemment, nous n’avons pas d’autre choix. Nos apparatchiks techno-progressistes sont devenus complètement étrangers aux préceptes de base de la démocratie libérale.

Leur niaiserie commune dénature chaque jour un peu plus ce régime politique au profit du nouveau régime qui se consolide sous nos yeux. Plus le temps avancera, plus nous aurons l’impression - à travers des crises ponctuelles autour de la police, de l’enseignement, de la justice, de l’État - que la démocratie libérale figure une toute autre époque que celle où nous vivons.