Culturel

La Banque Laurentienne annonçait aujourd’hui la poursuite de son partenariat avec la Maison Théâtre, un établissement dédié au théâtre jeunesse, à titre de commanditaire pour la saison 2008-09. “Située au centre-ville de Montréal, la Maison Théâtre présente des pièces pour les jeunes de 2 à 17 ans. Cette entreprise culturelle dynamique est reconnue pour son originalité, autant dans le choix de ses pièces que dans son aménagement physique : les sièges de sa salle de spectacles sont adaptés au jeune public, et son aire d’attente comporte un espace où les enfants peuvent lire différentes publications créées à leur intention avant la représentation.

En somme, une institution qui trouve sa forme dans sa clientèle, et non l’inverse ; c’est ce qu’on appelle en effet une entreprise culturelle plutôt qu’un théâtre. Mais pour véritablement comprendre l’imposture du business d’Espace Culture, il faut lire ce que dit la Banque Laurentienne de sa mission de “développement culturel” : “Cet engagement envers une institution axée sur le développement culturel des enfants cadre bien avec l’orientation famille de la Banque Laurentienne, qui favorise des activités où parents et enfants partagent les mêmes émotions et les mêmes découvertes. La Banque se veut aussi toujours plus accessible et près des familles, tant dans son approche qui valorise l’expérience client que dans sa recherche de l’excellence pour un service adapté aux besoins de chacun.

Parents et enfants, partager les mêmes émotions ? Le même carré de sable ? La même cour de récréation ? Ce ne serait pas un peu incestueux ? Et que dire de cette approche qui valorise l’expérience client ? Serait-on, une fois de plus, confrontés à l’équation fondamentale du techno-progressisme : les bons sentiments + l’idéologie managériale ? Il semble bien que oui.

Qu’est-ce que le développement culturel ? Espace Culture. La Maison Théâtre. L’éducation à la différence. Le théâtre poupon. Le théâtre jeunesse. La littérature éthique. La responsabilité créatrice et gouvernementale. Espace Culture, c’est la fin effective, topographique, de la culture.

C’est l’espèce d’onguent esthétisant qui reste quand tout ce qu’il y avait encore de distance entre et dans les êtres (homme et femme, adulte et enfant, tête et coeur) a été aboli.