mai 15, 2008
Hier matin, dans le métro, sur la ligne orange entre les stations Snowdon et Lionel-Groulx, j’ai entrepris de photographier mentalement mes “compatriotes” du nouveau peuple métissé qui m’accompagnaient en ce début de journée, en chemin vers leur travail (ou occupation).
Voici le constat.
- à mes côtés, deux anglophones très laides, fraîchement débarquées de la Saskatchewan, affichaient avec joie leur identité lesbienne en se touchant les cuisses et en se bécotant dans le cou, ainsi qu’en parlant très fort ;
- plus loin, à ma gauche, une femme en mini-jupe, les cheveux mouillés, faisait semblant de ne pas être en mini-jupe et de ne pas avoir les cheveux mouillés ; observée (avec raison) par deux hommes en érection, elle finira par changer de wagon, l’air effarouché, comme si c’étaient les deux hommes le problème et non pas elle - nous avions là l’exemple, sans doute, d’une identité féministe ;
- droit devant moi, un jeune informaticien hindou, très frêle, feuilletait le 24 heures, un iPod dans les oreilles ;
- aux côtés du jeune informaticien hindou, une autre femme hindoue, elle aussi ipodée, mais visiblement sans aucun rapport identitaire avec son voisin ;
- à ma droite, à quelques mètres de moi, un adolescent au corps anguleux, informe, jouait frénétiquement sur son cellulaire à un jeu vidéo obscur - porteur, j’imagine, d’une identité virtuelle ;
- en face de l’adolescent, un jeune cadre asiatique branchouille, les cheveux dressés, à l’aide de beaucoup de gel, en crête de coq ; ses pantalons serrés, ses chaussures vintage, enfin tout en lui respirait l’identité branchouille ;
- plus loin à ma droite, une jeune femme terriblement ordinaire, qui aurait fait une bonne coiffeuse ou une bonne gardienne dans un monde normal, affichait un décolleté étrange, rehaussé d’une dentelle provocante - assumant une identité de femme fatale ;
- en surplomb, un cadre de 50 ans, avec des poches lourdes sous les yeux, le regard nerveux, détaillait la poitrine ordinaire de cette femme ordinaire, en alternant avec l’adolescente pornographique tout près, qui étendait insolemment ses jambes devant lui ; ce pauvre quinquagénaire étant à la recherche, probablement, d’une nouvelle identité au milieu de toute cette débauche identitaire.
Voilà pour le nouveau peuple dont tout le monde célèbre l’avènement à Montréal et dans les principales capitales du monde. Des gens qui n’ont strictement rien à voir les uns avec les autres. Tous laids. Tous seuls. Tous perdus. Tous festifs…
Le culte du métissage est encouragé par le Système, et principalement par ses apparatchiks, pour masquer cette laideur et ce morcèlement anthropologique, dont ils sont par ailleurs les premiers responsables.
Ces dix minutes dans le métro ne sont pas un “condensé”. C’est un échantillon. Je n’ai rien exagéré. Il s’agit d’un échantillon représentatif de la nouvelle réalité d’aujourd’hui, et que personne ne semble prêt à regarder en face.