Cahier Vacances/Voyage, La Presse, samedi le 31 mai, p. 14 :

MONTMAGNY COURTISE LE TOURISME GAI

Sylvain Fournier

Le Soleil

Montmagny - L’association Gai Côte-Sud sollicite présentement les commerçants de la région de Montmagny afin qu’ils adhèrent au mouvement Gay Friendly, démontrant ainsi que la clientèle homosexuelle est la bienvenue dans leur établissement.

Déjà, 40 commerces ont accepté l’invitation qui vise à attirer la clientèle touristique gaie dans la Côte-du-Sud et à lutter contre la discrimination. “Au Québec seulement, la clientèle touristique homosexuelle représente un marché évalué à 20 milliards”, a ditle président de l’association Gai Côte-Sud, Tony d’Amours.

Le 17 mai 2007, lors de la Journée nationale contre l’homophobie, le conseil de Montmagny a signé une déclaration de lutte contre l’homophobie. C’est dans cet esprit que l’association Gai Côte-Sud a voulu s’associer à l’Office du tourisme afin de mener une campagne promotionnelle auprès de la clientèle gaie. La Côte-du-Sud sera ainsi bien en vue cet été dans les revues et les journaux du quartier gai de Montréal.

M. D’Amours souhaite faire adhérer 75 commerces qui paieront 25$ par an pour afficher l’autocollant aux couleurs de l’arc-en-ciel. Les commerces membres seront identifiés sur le site internet de Gai Côte-Sud et seront recommandés par l’association, qui se réserve cependant le droit de retirer ce privilège si une plainte s’avérait fondée.

“On veut dire aux gais et lesbiennes qu’on est bien à Montmagny, qu’il y a pas de discrimination à leur endroit et que la région est superbe à visiter”, dit M. D’Amours, qui dirige un commerce de coiffure à Montmagny avec son conjoint, Jean-Louis Morin. Le couple fut l’un des premiers à se marier, il y a deux ans.

L’association Gai Côte-Sud est un organisme à but non lucratif qui dessert un territoire entre Montmagny et Rivière-du-Loup. Elle compte environ 70 membres.

 

Une association d’à peine 70 membres a donc réussi à faire signer une “déclaration contre l’homophobie” au conseil municipal. C’est ce qui s’appelle un chantage efficace. D’ailleurs, le titre retenu est mensonger : ce n’est pas “Montmagny” qui courtise le tourisme ”gai”, mais bien “une association de Montmagny”.

Remarquez la logique de cette “association” : nous avons de l’argent ; nous sommes organisés ; nous connaissons la charte des droits ; et nous allons aller là où nous sommes les mieux “accommodés”. “Accommodés” non pas dans un cadre libre, où des individus de sens commun se parleraient avec franchise, mais accommodés par suite d’un chantage.

Qu’il ne soit pas dans les moeurs de Montmagny de s’afficher en public comme homosexuel ne semble pas perturber outre mesure nos lobbyistes victimaires ; au contraire, ça excite leur fibre activiste. Leur seule motivation relève du ressentiment, tandis que leur seule volupté réside dans l’idée de faire plier tout le monde au nom de leurs principes faussement vertueux. Car contrairement à ce que ces activistes de la Vertu prétendent, il s’agit d’étiqueter non pas les “gay friendly”, mais les “gay unfriendly”, aisément repérables par le refus qu’ils auront opposé à leur demande d’afficher le drapeau de propagande. Le petit drapeau arc-en-ciel sert d’abord et avant tout à identifier ceux qui n’appartiennent pas encore au clan, et à canaliser les énergies militantes en ce sens.

Toute l’action du militantisme homosexuel (comme bien d’autres militantismes de type égalitaire, qu’il s’agisse d’ethnies, d’handicapés, d’obèses, de femmes) repose sur la mauvaise foi. La stricte mauvaise foi.

Le crime de nos sociétés, à travers l’adoption très récente des chartes des droits, a été de rendre cette mauvaise foi légitime. On en paie aujourd’hui le prix.