La propagande continue, et elle va s’amplifier intensivement dans les 5-10 prochaines années. La propagande autour du “métissage culturel” et de “l’hybridité identitaire” ayant fait son oeuvre, le succès est total, de telle sorte que chaque citoyen du nouveau peuple se dit convaincu que la diversité ethnique est une idée neuve en Occident. C’est le génie de la propagande : le mot crée la chose. Si l’on parle pour la première fois de “métissage culturel”, c’est que ça doit être nouveau, le passé n’étant rien d’autre qu’une Grande Noirceur d’homogénéité et de “refus de l’Autre”.
Alors que dans les faits, loin de permettre l’expression de la différence, notre époque l’anéantit. Comme la “citoyenneté”, qui a été célébrée avec furie ces dernières années, et employée dans tous les contextes, la “différence” ne sert plus que de fétiche à nos barbares anthropophages. Nos contemporains exhibent la “différence” et la “citoyenneté” comme les barbares jadis se paraient de la peau et des bijoux de leurs victimes.
Le propre du “métissage” culturel et des apparatchiks qui s’en font les défenseurs est de “déconstruire” les sédiments d’une culture dans une perspective racialiste. Plus ces imbéciles voient de noms d’ethnies sur leur tableau Excel, plus ils sont contents, et plus ils se flattent de vivre dans une société “bio-diversifiée”. Sans voir, bien sûr, qu’ils nous ramènent ainsi - sans que personne ne s’en indigne vraiment - à l’archaïsme pré-moderne des sociétés tribales.
Le même raisonnement inspire la propagande nouvelle autour de l’identité sexuelle. J’ai prédit, dans mon billet précédent, que dans une quinzaine d’années une Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences sexuelles serait créée par le gouvernement pour “gérer” le “malaise identitaire” de la majorité “hétérosexuelle d’origine canadienne-française”. Ce n’est pas de la frime, j’étais sérieux. Je suis fermement convaincu qu’on nous demandera de “gérer la diversité sexuelle” de la même manière qu’on nous demande maintenant de “gérer la diversité culturelle”. Donc en nous sommant d’avouer que la majorité structurelle, avec ses fondations anthropologiques, son expérience historique, n’est plus garante de l’expression de la “différence” dans la société.
L’essentiel de la propagande sur l’identité sexuelle consiste en ceci : les “transgenres” sont l’incarnation d’une “différence” authentique que la société refoule. Le but étant de saper le principe structurant de la différence sexuelle, qui est pourtant à lui seul la garantie de l’expression de la différence. Autrement dit, une minorité de petits pervers cherchent à faire plier la majorité par un chantage victimaire continu (et subventionné).
Comme dans le cas du fameux ”métissage culturel”, le “métissage sexuel” à venir se nourrira en réalité d’une volonté nihiliste d’indifférenciation radicale. Quiconque vit les yeux ouverts à Montréal se rend parfaitement compte que le “métissage” avec lequel on nous bourre le crâne est de la pure foutaise : le Montréalais lucide n’est pas témoin du spectacle émouvant du choc des différences et de leur enrichissement mutuel, mais du spectacle attristant d’un agrégat de subjectivités superficielles, braquant leur “différence ethnique” comme autant de palliatifs à des ressorts institutionnels et symboliques disparus.
Ce sera la même chose avec la supposée “diversité sexuelle”, qui nous imposera des petits pervers de salon dans le métro (c’est déjà commencé, j’en ai croisé quelques-uns), les autobus, à l’Université et au travail. Et on parlera le plus sérieusement du monde d’un “métissage”, d’une “évolution” et d’un “progrès” sur l’obscurantisme hétérosexuel de la différence anthropologique entre hommes et femmes.
Il sera d’autant plus difficile de s’opposer à ce nouveau “progrès” que la Charte des droits aura été amendée - à la suggestion de Bouchard-Taylor 15 ans plus tôt - pour interdire “l’incitation publique à la discrimination”. Entre-temps, les garderies, les écoles et les universités auront eu le temps de fabriquer de toutes pièces un nouveau peuple majoritaire, obsédé paradoxalement par la question “minoritaire” - qui supplantera sans grand effort l’ancien peuple majoritaire, devenu minoritaire. Vous me suivez ?
Peu importe. Vous aurez amplement le temps de méditer ces questions dans les prochaines années. Les choses deviendront plus claires, assurément.
