
Pendant que les “Québécois d’origine canadienne-française” (dixit Gérard Bouchard), en ces lendemains de Commission Bouchard-Taylor, se font joyeusement enculer par leurs élites, qui cherchent à tout prix à leur accoler une supposée insécurité identitaire et une supposée peur maladive de l’Autre, le régime techno-progressiste, lui, continue à oeuvrer pour sa consolidation définitive.
L’apparatchik Marcel Tremblay, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable des “relations interculturelles et des relations avec les citoyens”, confirmait hier, en plus d’un soutien logistique d’une valeur de 300 000 $, un soutien financier direct de 30 000 $ pour l’insignifiante Carifiesta, une fête “ethnoculturelle” parmi d’autres qui encourage les “Carribéens” à substituer leur folklore à l’espace public.
Que l’on entende bien l’apparatchik Tremblay : Montréal a une “identité” propre, et elle s’oppose visiblement à l’identité nationale. Non seulement a-t-elle une identité propre, mais en plus cette identité figure le salut radieux de la nouvelle nation qu’il importe de construire à travers “l’interculturalisme” actif de Montréal. Et pour fonder ce nouveau régime, tous les saccages, tous les irrespects, toutes les trahisons sont permis. Après tout, cette fameuse identité montréalaise post-moderne, qui est férocement anti-québécoise, ne doit-elle pas être “renforcée par tous les moyens possibles“, comme nous le dit le très loyal et très honorable Marcel Tremblay ? By all means necessary ?
Montréal est le laboratoire de nos élites. Montréal est le modèle qu’ils cherchent à imposer à tout le Québec par le biais d’une pédagogie ”interculturelle” et “éthique” complètement dingue, applicable jusque dans la moindre école de village. À la nation québécoise, il s’agit de substituer une nation dialogique désincarnée, où aucune autre vérité que celle de l’absolutisme relativiste ne pourrait faire autorité. En somme, il s’agit de réaliser l’utopie de la cité communicationnelle de notre haut clergé, les Georges Leroux, Gérard Bouchard, Daniel Weinstock, Marie McAndrew et cie. Tous ces intellectuels ressentimenteux et parricides que les Québécois ont financé à grands frais toute leur vie à même leurs impôts et qui aujourd’hui se retournent contre eux.
Ce n’est qu’une fête ethnique ! Y’a rien là ! L’Intelligence conséquente crie au loup, une fois de plus ! Dérapage ! Dérive ! Conservateur coincé ! Amusez-vous ! Regardez combien les enfants montréalais, multiculturels et joyeux, s’entendent bien ! Prenez modèle sur eux ! Bien sûr, bien sûr. Vous êtes beaux à voir, imbéciles. Pauvres petits crétins naïfs, pauvres petits masturbateurs narcissiques, pauvres lycéens boutonneux, pauvres touristes : pauvres techno-progressistes. Vous ne comprenez rien à rien à la réalité, au pouvoir, aux conséquences, aux rapports de force. Vous croyez triompher dans le Bien et l’Humanisme alors que vous ne faites que donner davantage de prise à la bêtise, à l’anarchie et aux petits intérêts mesquins de tous et chacun.
Quand ce n’est pas la Carifiesta, c’est la fête des sikhs ou de n’importe quelle autre “communauté culturelle” parmi les quelque 130 existantes à Montréal. Tous financés pour s’intégrer à l’identité montréalaise citoyenne plutôt qu’au Québec. Tous encouragés à s’adresser à la Commission des droits de la personne avant que de faire quoi que ce soit dans ce pays. C’est ça la réalité. Les institutions québécoises retournées contre le Québec. Noyautées par un haut clergé maniaque qui se sert de l’État pour rééduquer les masses et assouvir ses fantasmes de toute-puissance idéologique.
On nous dit de nous calmer, que le financement festif de la propagande multiculturelle est accessoire. Alors qu’il est partie intégrante du nouveau régime. Qu’est-ce qu’on disait, il y a plusieurs années, aux voix discordantes qui s’élevaient contre la discrimination positive ? Qu’ils étaient coincés. Xénophobes. Qu’en ne voulant pas appliquer ce principe pétri de bons sentiments (et pourtant intrinsèquement injuste et abusif), ils faisaient preuve de repli sur soi. Aujourd’hui, la “discrimination positive” est complètement hors de contrôle. L’administration publique, dans une soumission aveugle aux nouvelles idoles, bouscule, reconfigure, joue avec ses effectifs, ses ressources humaines comme on dit, comme s’il s’agissait de paquets de viande. La folie statistique a depuis longtemps perverti le sens de la justice, et on voit désormais l’État procéder à des embauches massives, sans égard aux compétences de chacun et à leurs qualités individuelles, seulement pour des raisons de quotas ethniques ou minoritaires. Vous êtes une femme ? Vous êtes handicapé ? Homosexuel ? Transsexuel ? Bisexuel ? Noir ? Asiatique ? Vous êtes embauché. Si vous êtes un homme blanc, vous pouvez toujours espérer : le nouveau service public ne veut plus de vous. Inutile de décliner vos compétences, votre expérience de travail : vous n’appartenez pas au quota recherché.
J’exagère ? Vous pouvez toujours continuer à vous raconter des histoires si ça vous chante, ça m’est égal. Moi je vous dis les choses. Je vous les dévoile. Je vous parle de la réalité de la communauté humaine, c’est-à-dire de la communauté des meurtriers qui s’ignorent. La réalité de la persécution. Retournez lire les petits bonhommes de La Presse (et les petites figurines : Boisvert, Marissal, Lagacé) si vous n’êtes pas contents et que vous voulez continuer à vivre dans votre monde enchanté, idéologisé à mort, où le quidam se trouve protégé de la moindre brèche critique, de la moindre altérité intellectuelle. La vérité, c’est que l’apparatchik Tremblay, qui avalise le support institutionnel fait à l’orgie indifférenciatrice du multiculturalisme festif, est le même qui prenait exemple, en 2005, de ce qu’aucun jeune mâle francophone n’ait obtenu d’emploi cet été-là au sein de la Ville pour prouver l’efficacité de son ”plan d’embauche des minorités”.
La Presse, 19 septembre 2005 : “Marcel Tremblay, conseiller associé au maire de Montréal pour les relations interculturelles, a dressé un bilan positif de l’embauche des femmes et des minorités ethniques et visibles au sein de la fonction publique municipale depuis un an. [...] Par ailleurs, la politique d’égalité à l’emploi de la Ville a eu des incidences sur l’embauche réalisée dans le cadre du Programme carrière-été. Sur les 392 étudiants embauchés durant l’été 2005, 309 étaient des femmes, 51 provenaient des minorités visibles, 30 des minorités ethniques et deux étaient des autochtones. Aucun étudiant mâle francophone n’a obtenu d’emploi au sein de la ville cet été.“
La voilà, votre “justice” et votre “égalité”. Le voilà, votre régime techno-progressiste. Vos bons sentiments se transformant en cauchemar. Votre idéologie bien-pensante mutée en machine. Votre avenir.
Comment allez-vous arrêter tout cela, maintenant ? Hein ? Est-ce que quelqu’un y a pensé ? Maintenant que vous avez foutu la merde pour de bon ? Maintenant que l’État n’est plus qu’un joujou à persécution et à rééducation ? Vous êtes contents ? Vous êtes fiers de vous ?
Oh oui, vous êtes fiers de vous, gamins. Dans la Constitution du nouveau régime, tout a été prévu n’est-ce pas. Y compris d’entretenir la Fierté, chaque jour de l’année si possible. Ça veut dire toujours plus de festivals. Toujours plus d’Espace Culture. Toujours plus de propagande. Toujours plus de rééducation. Toute la sacrée imposture doit tenir. By all means necessary.
