juin 2008


Une femme qui se présente comme “Chiliquoise” signe un papier délirant aujourd’hui dans Le Devoir, où elle s’adonne sans vergogne au chantage victimaire le plus fiévreux qui soit. Saluons au passage, une fois de plus, le jugement de la responsable de la page Idées du Devoir, Marie-Andrée Chouinard, qui, comme on le sait, ne peut s’empêcher de se jeter avec la rapidité du chacal sur le moindre texte qui en appelle à la repentance occidentale.

Lettres - Cher Québec
Claudia Valdivia, Chiliquoise, Chilienne d’origine et Québécoise d’adoption
24 juin 2008

Cela fait 35 ans que je vis ta vie. Que je goûte ton être, tes 400 années d’histoire. Histoire qui n’est pas mienne. Pourtant, aujourd’hui, j’en fais partie.

Et comment puis-je la partager avec toi? Avec tant d’immigration que tu dédaignes tant? Avec tant de talent laissé dans les oubliettes de l’État? De quoi as-tu peur, Québec? De ma différence? De ma ressemblance? De ma culture? De mon intégration? De ma compréhension de ton histoire? À laquelle j’appartiens, et ce, malgré moi? Moi qui t’aime tant. Moi qui te chante tout le temps: «Mon cher Québec, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour…» À la Gilles Vigneault, il va de soi! Moi qui connais plus ta langue que la mienne et qui la défends malgré les tiens qui se cachent derrière des paroles telles que: «Bonne chance…» Je te dis quand même «Bonne fête», car je dis, comme une grande utopiste, que la liberté, elle commence là où elle se termine. Je bois à ta santé! Au bonheur que nous léguerons à nos enfants, car le monde est ouvert aux rencontres des peuples, des origines, des religions, des cultures, des différences. Et surtout, parce que nous voulons tous, vieillards et enfants, vivre et nous épanouir dans «le meilleur des mondes»! À ta santé, Québec! Qu’elle te soit honorable et respectueuse de tous les humains qui la composent.

 

Est-ce une blague ? Un canular ? Ce monde d’amour dont nous parle cette Chiliquoise est un ”meilleur des mondes” où “la liberté commence là où elle se termine“. Dites donc, ça promet. Des volontaires ? Non ? Vous hésitez ?

Mais que se passe-t-il ? Seriez-vous fermés d’esprit ? Vous avez peur, hein ? PEUR DE LA DIFFÉRENCE ? Sales petits fachos, allez. Ne me forcez pas à déposer une plainte à la Commission des droits de la personne : ouvrez les vannes de l’État ; continuez à payer vos impôts ; à démolir vos programmes d’histoire pour m’accommoder, moi, la Chiliquoise toute-puissante ; et allez tous vous faire foutre.

Vive la tolérance ! Vive la différence ! Vive le monde nouveau !

Hate pride

Comme ça, les “amis de la tolérance” se permettent symboliquement de rouer de coups le chef de l’État ? Stephen Harper a été porté au pouvoir par la majorité démocratique du pays. Doit-on comprendre que le lobby homosexuel nie la légitimité du suffrage universel ? Doit-on comprendre que le lobby homosexuel, à l’instar des autres lobbys victimaires d’aujourd’hui, prétend se substituer aux mécanismes traditionnels de légitimité politique ? Ce serait bon à savoir.

D’autre part, je tiens à souligner la mutation des revendications de ce lobby : maintenant que la bataille de la propagande a été gagnée, et que les lobbys victimaires se partagent la tarte du ministère de l’Éducation, les “droits sociaux et économiques” s’imposent comme le thème du jour. La convergence des revendications entre les lobbys homosexuel, égalitaire et ethnique devient de plus en plus évidente, à mesure que se consolide leur pouvoir à l’intérieur de l’administration publique et judiciaire.

La Commission Bouchard-Taylor, qui, rappelons-le, avait été mandatée pour se pencher sur les “accommodements raisonnables”, s’était autorisée à se prononcer sur les autres “minorités” qu’il s’agirait selon elle de protéger encore davantage par la Charte des droits. L’une des recommendations du rapport était l’inclusion de “droits sociaux et économiques” dans la Charte, comme si les “accommodements raisonnables” devaient d’emblée s’inscrire dans une logique victimaire institutionnelle, rejoignant par là les autres lobbys victimaires — dont le lobby homosexuel.

Il y a donc, au coeur de cette insurrection organisée, qui se présente par ailleurs sous les auspices de la “fête” et de la “fierté” (d’où la difficulté de les critiquer), une nébuleuse revendicatrice extrêmement perverse qui se dessine. Il serait bon que le pouvoir politique en prenne acte. Il pourrait sinon, dans un proche avenir, se retrouver techniquement hors d’état de gouverner, tant les préceptes du pouvoir démocratique auront été falsifiés au profit de ces minorités qui ne s’autoexcluent que pour mieux faire fructifier politiquement leur ressentiment.

Gay pride

Remarquez la dernière ligne : les syndicats défilent désormais à la Gay Pride. Cela s’accorde bien d’ailleurs avec le thème sur la discrimination à l’école (syndiquée) ; c’est donc le signe que le lobby homosexuel a réussi son coup de force, et qu’il oriente l’État plus que ne le fait la souveraineté populaire. Le lobby homosexuel n’est en réalité qu’une partie du macro-lobby “pro-diversité”, qui regroupe également les lobbys ethniques victimaires, les deux fondant leurs revendications sur un projet d’indifférenciation anthropologique radicale.

L’enrôlement des syndicats dans la “lutte pour la différence” signe la métamorphose de l’un des derniers grands morceaux du complexe post-marxiste. Le prolétaire n’est décidément plus l’ouvrier, mais l’immigré et/ou l’homosexuel, les deux représentant le métissage radieux qu’il s’agit d’opposer à une uniformité fantasmée du corps civilisationnel occidental. Les syndicats, qui avaient trouvé un équilibre sensé dans les années soixante-dix et quatre-vingt, retombent dans des penchants révolutionnaires au détriment des intérêts réels de leurs membres.

On savait le lobby homosexuel très bien implanté dans l’État, et pas seulement au ministère de l’Éducation. Mais dans les syndicats ?

Ce qui vaut pour la France vaut aussi pour le Québec. Ici aussi le lobby homosexuel a depuis longtemps développé son réseau d’influence au sein de l’État québécois, mais à ma connaissance les syndicats restaient en marge. Plus maintenant. Parmi les partenaires de la Journée internationale contre “l’homophobie” (sic) du 17 mai dernier, les principaux syndicats québécois, la CSQ, le SCFP, le SFPQ, la CSN et la FTQ, s’affichaient aux côtés du Ministère de la Justice du Québec, du journal Le Devoir, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et de la Ville de Montréal.

L’entreprise européenne devient, pour les élites, une voie de contournement des peuples. On peut même se demander si l’objectif, ne serait-ce qu’inconscient, des “bâtisseurs d’Europe”, n’est pas d’en finir, non seulement avec ces populations imprévisibles, mais, plus largement, avec les tourments de la politique. Désormais équipée du logiciel adéquat, l’humanité n’aurait plus qu’à se mettre en pilotage automatique — les gouvernants, selon [Alain] Minc, n’ayant “d’autre liberté que de se fixer sur les boussoles mondiale et européenne“.

[...]

Le processus qui voit l’apolitisme devenir l’idéologie du temps se déploie tout au long des années 90 en même temps que chaque “avancée” de l’Union est offerte aux peuples avec l’insistante persuasion de ces vendeurs à qui l’on cède pour qu’ils cessent leur boniment. Inutile de “sortir l’Europe par les urnes”, elle revient par d’autres urnes. “La démocratie jusqu’à ce que oui s’ensuive“, énoncera L’Humanité.

[...]

En France, on se gardera bien de réitérer la malheureuse expérience de Maastricht après la conclusion, en 1997, du traité d’Amsterdam. Mais la mauvaise surprise viendra de l’ancien bon élève promu au rôle de cancre. Le 8 juin 2001, les Irlandais rejettent le traité de Nice par 54% des voix. Dans toutes les capitales européennes, la consternation le dispute à la réprobation. “Pas question de renégocier le traité“, déclare-t-on sans fioritures, ce qui revient à affirmer que le vote irlandais est nul et non avenu. Tollé immédiat dans les capitales européennes. Le lendemain du scrutin, les présentateurs des bulletins d’information radiodiffusés sont visiblement estomaqués. Pourquoi, tout d’abord, les Irlandais ont-ils mal voté ? L’explication de cette faute collective est un déficit de communication ou de pédagogie. Autrement dit, c’est parce que l’affaire leur a été mal expliquée. Nul ne semble envisager que les Irlandais pourraient avoir de sérieuses raisons de rejeter le texte.

[...]

Refusant d’écouter la rumeur qui vient de “la vie en-dessous, là où sont les gens”, pour reprendre la formule de Jean-Paul II, les classes dirigeantes n’entendent-elles pas, messianisme européen aidant, s’affranchir de toute responsabilité à l’égard des sociétés ? Le philosophe allemand Hans-Magnus Enzensberger commente ce qui ressemble à une forme d’autisme des élites politiques. “Sans cesse, on constate que même les signaux flagrants et les échecs électoraux cinglants ne servent pas de leçon au personnel politique, écrit-il. Après la débâcle que constitua le vote des Danois sur l’Europe, le réflexe unanime de tous les cadres fut de dire : “raison de plus ! On ferme les yeux et on fonce !” Même surdité, poursuit-il, chez l’administration américaine face aux émeutes de Los Angeles, dans l’État japonais et son parti dominant face aux ravages criminels de la corruption.” On pourrait cependant rappeler le dicton populaire qui affirme qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Manifeste dans les comportements à l’égard du dogme européen et dans l’encensement sans nuances dont il est l’objet, cette fracture entre “branchés sans frontières” et “repliés frileux” est, bien plus profondément, caractéristique des temps. Évoquant la rumeur d’Abbeville qui vit les inondés de la Somme crier à la conspiration de Paris, Philippe Muray y déchiffre la métaphore du “dégoût” manifesté vis-à-vis de l’élite actuelle et de son incroyable contentement de soi”. “La France d”’en bas”, comme on nomme maintenant l’ancien monde réel, écrit-il, se sent inondée par la France d”’en haut” qui roule en Mégane cabriolet, fréquente les greens et habite des lofts remplis de droits de l’homme. La France moisie est victime de la France à roulettes. Paris déborde sur le reste du territoire, et celui-ci se voit noyé dans les eaux glacées du bon, du beau, du bien, de l’écologiquement correct, du moralement irréprochable. Même s’il n’a peut-être pas les moyens de le formuler ainsi, le peuple sait maintenant qu’il n’a plus d’autre ennemi que le ‘people’.

Le divorce, ainsi, semble consommé. Il n’est même plus besoin de changer le peuple qu’on peut se contenter d’ignorer en lui substituant le fumeux et docile concept d’opinion. Les sociétés européennes ne seraient plus que des véhicules lancés à toute vitesse dont aucun conducteur ne pourrait infléchir la trajectoire. En aurait-on, alors, fini avec la Cité ?Durant des siècles, écrit Hannah Arendt, des hommes sont entrés dans le domaine public parce qu’ils voulaient que quelque chose d’eux-mêmes ou quelque chose qu’ils avaient en commun avec d’autres fût plus durable que leur vie terrestre.” Rien n’impose d’abandonner cette ambition. Rien, sinon le renoncement des élites et l’acceptation, fût-elle résignée, des peuples. Lesquels ne sont pas acquis pour l’éternité. L’Histoire, en somme, est toujours écrite par les hommes. Que ceux-ci renoncent à renoncer et il redevient possible d’agir sur le monde.

Élisabeth Lévy. Les maîtres censeurs, 2002.

Pour ceux qui sont familiers de l’actualité européenne, et pour peu qu’ils suivent de près les courants politiques en jeu, le Parlement européen de Strasbourg apparaît comme l’exemple le plus monstrueux, le plus abject et le plus scandaleux de la corruption des élites actuellement en cours partout en Occident.

Il est bien entendu parfaitement inutile de s’en remettre aux journalistes québécois pour bénéficier d’une couverture critique du déploiement technocratique incessant de la Commission européenne dans la vie des peuples. Ils sont si dociles ! L’Europe demeure une référence intimidante pour la majorité d’entre eux, alors même que ce continent est en proie à une guerre civile latente qui devrait les interpeller de toute urgence. Mais non. C’était comme si le positionnement nord-américain du Québec n’avait aucune signification géopolitique. À l’instar du Québec déhistoricisé, l’Europe est une destination touristique ; il importe d’abord de ne pas être critique, et de rester candidat pour d’éventuels voyages toutes dépenses payées par les fonds publics.

Pour prendre un exemple récent, la Fédération des journalistes du Québec relayait innocemment, dans sa lettre d’information hebdomadaire datée du 5 juin, un appel de collaboration de la Commission européenne pour une étude sur la “diversité dans les médias.

Cet appel était destiné à tous les journalistes et les représentants des médias qui ont été à l’origine, dans les cinq dernières années, de “bonnes pratiques ayant réussi à faire reculer la discrimination et à promouvoir la diversité, dans le paysage audiovisuel, la presse et les publications en ligne, dans le cadre du recrutement et de la représentation dans des sujets factuels“.

Je vous rappelle que transformer les médias en agents de propagande de la “diversité” était également le désir le plus cher de Maryse Potvin, une chercheuse de l’UQAM sollicitée dans le cadre de la Commission Bouchard-Taylor. À ma connaissance, le scandaleux rapport Potvin, qui recommandait ni plus ni moins la censure et le contrôle des médias par l’État, n’a toujours pas été désavoué par les co-commissaires.

Extrait du rapport Potvin, p. 213 :

Sur des questions qui affectent directement la « cohésion sociale » et la dignité des personnes, des sanctions beaucoup plus sévères envers certains médias aux couvertures négatives, ou envers certains journalistes, comme l’interdiction de publier ou de diffuser pendant un certain nombre de jours, devraient être envisagées ou renforcées par le Conseil de Presse ou le CRTC, dont le pouvoir de réglementation est beaucoup plus important.

Par “cohésion sociale”, il faut entendre “cohésion doctrinale” — l’idéologie inter/multiculturaliste (ou l’idéologie “pro-diversité”) étant désormais le pôle de référence de la vie collective souhaité par nos élites, au détriment de la référence nationale privilégiée par la souveraineté populaire. Quant à la ”dignité des personnes”, il faut comprendre que l’idéologie anti-discrimination devra orienter — y compris dans le discours médiatique — la représentation des rapports sociaux.

On voit donc que la Commission européenne, avec ses fabuleux moyens technocratiques, figure en quelque sorte le rêve réalisé de nos élites techno-progressistes. D’où l’absence complète de critique.

Pourtant, la Commission a avalisé plusieurs projets législatifs d’un zèle ahurissant sur la délimitation de la liberté d’expression. Elle s’est notamment penchée de près sur les médias électroniques, plus précisément sur les blogues, qu’elle voudrait inféoder à quelque statut juridique permanent et à un ombudsman “éthique”. Que des plumes libres se servent d’Internet pour ne pas promouvoir la diversité, et pour au contraire en critiquer l’idéologue sous-jacente, voilà sans doute qui est inacceptable aux yeux des élites corrompues de Bruxelles et de Strasbourg.

Le portrait est très simple à comprendre, et il est à peu de chose près le même partout en Occident : d’un côté, des élites retranchées dans leurs tours de verre, occupées à recycler l’utopie socialiste en utopie inter/multiculturelle, et de l’autre les gens du peuple, cobayes d’une expérience morbide de reconfiguration anthropologique qu’ils n’ont jamais souhaitée, et encore moins demandée.

Toilettes

Grave question. Évidemment, on pourrait s’étonner que de pareilles insignifiances soient soulevées, reprises, discutées et finalement légitimées au plus haut niveau éditorial du “plus grand quotidien de langue française d’Amérique”. On pourrait.

Il faudra bien, un jour, que L’I. C. publie une Psychosociologie de l’équipe éditoriale de La Presse. Mais je crains fort qu’une telle oeuvre ne puisse être écrite que sous la forme du roman. Seul le roman en effet peut rendre compte d’un ridicule aussi versatile.

Voyez-vous, pour comprendre quelque chose à La Presse, inutile de se transformer en nationaliste hallucinatoire et de voir en Gesca l’incontournable deus ex machina du récit national avorté. Inutile d’imaginer des complots — bien que, de toute évidence, La Presse soit idéologiquement très marquée. C’est beaucoup plus simple que cela.

Quand vous pensez “équipe éditoriale de La Presse”, pensez New York Times, côte est américaine, Sex and the City, restos branchés, cocktails compliqués, coterie artistique du parti démocrate, etc. C’est là et nulle part ailleurs que se situent nos cocos de La Presse. Imaginez-les à Saint-Lambert, au café chic du coin, à l’ombre de leur VUS, en train d’écumer le New York Times, le Washington Post, tout en regardant d’un oeil distrait, sur leur MacBook, la dernière édition de Salon Magazine. C’est Marie-Claude Lortie étudiant Maureen Dowd, Lysiane Gagnon lisant de près Thomas Friedman… Pour eux, c’est dans ce giron de l’élite du nord-est qu’il s’agit de s’inscrire. Décadents et pour cette raison un brin sophistiqués, dépositaires d’un “progressisme éclairé” à la Christopher Hitchens, anti-religieux et pro-Gay Pride, ils se moquent à la fois de la gauche et de la droite. Par le génie du conformisme subversif, ils occupent le terrain du centre médiatique et paralysent toute éclosion de débat, empêchent toute velléité d’affrontement créateur, tout en se posant bien entendu comme instance de normalisation/moralisation.

Dans un pareil univers, n’est-ce pas, il est absolument vital d’avoir une éditorialiste féministe dans son équipe. C’est une question de marketing social.

Marketing. Business as usual. Rien d’autre.

Certes, on pourrait croire que La Presse prend ainsi ses lecteurs pour des cons. Mais n’est-ce pas le propre du marketing que de prendre ses cibles pour des cons ?

*
À lire également :
La nullité féministe révélée, L’Intelligence conséquente, 13 juin 2008 ;
L’éditorialiste Nathalie Collard : le “fist pump” d’Obama annonce une nouvelle ère, L’I. C., 15 juin 2008 ;
Journalisme féministe : le divertissement se poursuit, L’I. C., 26 juin 2008 

Le vendredi 27 juin 2008
Bibliothèque à St-Laurent: moins de français, plus de diversité

Jean-François Cloutier
La Presse

Encourager la diversité pour intégrer. C’est le pari que fait Montréal avec une nouvelle bibliothèque dans l’arrondissement de Saint-Laurent, qui sera construite au coût de 24 millions de dollars.

On trouvera dans cette nouvelle bibliothèque plus d’ouvrages en arabe, en espagnol, en chinois, en russe et dans d’autres langues, en proportion des livres en français, dans le but de mieux répondre aux besoins d’une clientèle multiethnique en pleine expansion.

«Tout en respectant le fait français, nous voulons mieux refléter la différence de notre arrondissement. La population de Saint-Laurent est un microcosme du monde», a expliqué hier en conférence de presse le maire de Saint-Laurent, Alan De Sousa, accompagné du maire de Montréal, Gérald Tremblay, et de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre. À l’heure actuelle, environ 60% des livres disponibles sont en français à la bibliothèque de Saint-Laurent.

Cette proportion devrait plutôt se rapprocher de 50% dans la nouvelle bibliothèque pour faire place aux ouvrages en d’autres langues, selon Josianne Overghy, chef de section.

Le nouvel établissement emboîtera le pas aux bibliothèques du Mile-End et de Parc-Extension et à la Bibliothèque interculturelle de Côte-des-Neiges qui ont déjà pris le tournant de la diversité.

«L’interculturalisme est à la mode ces temps-ci, mais nous, nous le pratiquons depuis longtemps, a fait valoir Luc Jodoin, à la Ville de Montréal. Dans Parc-Extension, par exemple, où il y a beaucoup d’Indo-Pakistanais, on trouve plusieurs titres en ourdou.»

L’annonce d’hier s’inscrivait dans le cadre d’un plan plus vaste pour mettre les bibliothèques montréalaises à niveau par rapport aux normes canadiennes. Depuis 2005, la gratuité a été étendue à tous les établissements, et les heures d’ouverture ont été augmentées.

D’ici 10 ans, 15 nouvelles bibliothèques devraient être construites. Outre Saint-Laurent, quatre autres arrondissements bénéficieront d’investissements de Montréal et de Québec d’ici la fin de l’année pour rénover ou agrandir leurs bibliothèques, a-t-on annoncé hier.

(Source)

Candeur

Mali Ilse Paquin rend compte aujourd’hui d’une nouvelle mesure de “la” ministre pour la Femme et l’Égalité (!) britannique, Harriet Harman, qui impose aux patrons de privilégier les candidats de sexe féminin ou d’une minorité ethnique pour les postes à pourvoir. Mme Harman, nous dit-on, serait tourmentée par le fantasme numéro un des féministes : le fameux “boy’s club”, qui partout dans la ville tirerait les ficelles, maintenant les femmes dans une infériorité systémique humiliante.

La bonne Mali Ilse, souhaitant une lutte plus efficace au machisme systémique, propose plutôt d’obliger les entreprises cotées à la bourse de recruter 40% de femmes sur leur conseil d’administration.

Je lis souvent des âneries sous la plume des féministes, mais là, bravo : 40% de femmes dans les C. A., pour la simple raison que les femmes seraient “opprimées” (ce qui est faux), il faut le faire. Quand on est prêt à sacrifier la liberté d’entreprise de la sorte, c’est qu’on est sans doute très bien disposé à sacrifier la liberté de pensée et d’expression.

Une chose à préciser à propos de la supposée “inéquité salariale” : si les femmes — globalement — font moins d’argent que les hommes, c’est tout simplement parce qu’une partie d’entre elles travaillent à temps partiel, soit par choix, soit par obligation, parce qu’elles ont une famille et des enfants. Certaines d’entre elles, en tombant enceintes, freinent forcément l’essor de leur carrière, ce qui est parfaitement normal. Ce sont les aléas de la vie. On ne peut pas exiger de la Société toute entière qu’elle cesse de fonctionner sous prétexte que madame est tombée enceinte et qu’elle ne veut pas être “pénalisée”. Ce genre de raisonnement victimaire est obscène ; l’écho favorable que celui-ci rencontre dans la société ne l’est pas moins.

Le mythe de “l’inéquité salariale” cherche à entretenir la fibre victimaire des femmes — source de jouissance — au détriment de la vérité des faits. Pensez-vous vraiment qu’en 2008, une femme qui convoite le même emploi qu’un homme obtiendra un salaire moindre simplement parce qu’elle est une femme ? Bien sûr que non. Même que, en raison d’une oppression théorique, abstraite et éthérée, elle passera avant l’homme, justement parce qu’elle est une femme. “L’inéquité salariale” est une mystification statistique qui sert un lobby en particulier. “L’égalité” vertueuse des féministes n’a pas d’autre source que la haine des individualités et de l’excellence.

La foule des médiocres cherchera toujours un moyen d’arracher à l’État et à la Société un moyen d’assouvir son ressentiment. C’est la seule occupation, la seule mission des esprits mesquins. “L’inéquité salariale” n’est qu’un outil de plus dans leur arsenal, un sujet parmi d’autres que les idiots utiles ne demandent qu’à reprendre dans leur feuille de chou journalistique.

Le féminisme !… Combien de femmes n’auraient pas pu avoir de carrière sans cette idéologie de secours ? Combien de vocations usurpées, de postes volés, de mises à mort sociales expédiées ? Combien ?

Voilà qui, pour une fois, ferait un reportage intéressant dans La Presse.

Pratte

Une Fête nationale qui ne serait pas politique, voilà qui est curieux. Pourquoi pas abolir la Fête nationale et lui substituer une Fête interculturelle, “Le Solstice d’été” ? D’ailleurs c’est déjà commencé. Le 21 juin dernier, le festival Présence autochtone tenait “la cérémonie civique du Jour national des peuples autochtones“, qui réunissait “dignitaires des gouvernements, dirigeants des Premières Nations et le maire de Montréal“.

Des personnalités autochtones telles que chefs de file spirituels et sommités de la scène culturelle sont invitées à entretenir les participants des grands principes qui unissent les peuples. Elle est suivie du Solstice des nations - Fête à fête en collaboration avec le Comité de la fête nationale à Montréal.

Ce “fête à fête”, nous dit-on, souligne le passage d’un feu de joie, celui du 21 juin (Jour national des peuples autochtones), à celui des feux du 24 juin, Fête nationale des Québécois. Pourquoi, puisque les Québécois interculturalisés ne forment plus le corps souverain du territoire, le “fête à fête” ne serait pas prolongé à toutes les fêtes dites “nationales” des autres “communautés” ? Toutes ces “fêtes” réunies par les bons sentiments interculturels permettant de constituer une gigantesque guirlande festive, qui décorerait notre calendrier national, transformé entre-temps en calendrier de l’ONU.

Parions que les récriminations xénophobes et intolérantes des quelques Québécois restés encore lucides sur leur sort malgré la propagande seront promptement enterrées sous les tam-tam, les “pas de politique svp…” et les plaintes à la Commission des droits de la personne.

Peace !

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