Vincent Marissal, ”Réponse (tardive) à mon ami Le Bigot“, La Presse, 7 juin :
J’ai donc tenté, moi aussi, de passer à autre chose en suggérant dans mon commentaire de garder le rapport pas trop loin, pour le relire à l’occasion, parce qu’il est plein de sagesse et parce qu’il remet les choses dans leur juste perspective.
Ce snoro de Joël m’a suggéré du tac au tac de garder le rapport pas trop loin pour le jour où les profs de mes enfants porteront toutes le voile.
Je n’ai pas suivi. Non par méconnaissance du dossier ou par manque d’idées sur la chose, mais parce qu’il est devenu désagréable au Québec de discuter d’accommodements raisonnables, de cohabitation, d’identité. Ce genre de discussion, malheureusement, tourne trop souvent à l’affrontement.
(…)
Vous dites, Joël, «Le jour où les profs porteront le voile». Si ça se trouve, c’est probablement déjà le cas dans certaines classes de Montréal. Et très franchement, cela ne me scandalise pas du tout, au contraire.
Mes enfants vivent à Montréal, pas dans une cloche de verre. Qu’ils côtoient des profs et des élèves d’origines diverses, ça fera d’eux des gens plus ouverts que ne le sont la majorité des parents d’aujourd’hui.
Les profs de mes enfants peuvent porter un voile, un turban, un crucifix au cou ou un anneau dans le nez, c’est leur affaire, tant que ces profs ne confondent pas enseignement et prosélytisme, tant que ces profs font ce que l’on attend d’eux qu’ils enseignent les matières de base aux enfants avec toute la rigueur nécessaire.
En voilà un qui est prêt à se laisser avaler. Et qui le dit ouvertement, dans le plus important journal du Québec. Sinistre spectacle…
Et cette cassette de ti-coune sur “l’ouverture d’esprit” des enfants ! Parce qu’ils sont d’une école “où se côtoient des origines diverses” !
La Presse a-t-elle vraiment besoin d’un Marissal pour publier de pareilles niaiseries ? Pourquoi ne pas aller directement à l’original et embaucher Michaëlle Jean ? Tant qu’à faire dans le sentimentalisme multiculturel, aussi bien se payer une Lady Di.
Cette bêtise n’est plus supportable.