Depuis quelques jours, la rumeur courait qu’il y aurait bientôt des changements à Radio-Canada. On savait que Dominique Poirier, Pascale Nadeau et Patrice Roy en seraient l’objet. L’annonce officielle n’avait été aucunement faite par Radio-Canada, et pourtant déjà, le 11 juin, le Conseil du statut de la femme s’autorisait à dénoncer Radio-Canada pour “sexisme”…
Et que lit-on, dans Le Devoir d’aujourd’hui, 13 juin ? Que Céline Galipeau et Pascale Nadeau succéderont à Bernard Derome à la tête du Téléjournal de 22h. Deux femmes. Nommées au poste de chef d’antenne le plus prestigieux au Québec.
On lit également, dans la même édition du Devoir, la chronique de Lise Payette, qui se désole à l’avance du “sexisme” de Radio-Canada, sans même avoir attendu la nouvelle qui paraît au même moment :
Du grand journalisme, comme toujours. De la belle grande niaiserie féministe étalée à pleines pages, comme d’habitude. Niaiserie rémunérée, inexplicablement respectée, relayée par des chroniqueuses sans talent, idéologiques et tape-à-l’oeil. Lise Payette, comme bien d’autres scribes dans son genre, n’est pas à sa place dans un grand quotidien. Elle n’a pas d’affaire là. Qu’elle décampe ! Qu’elle foute le camp ! Elle encombre le paysage ! Dehors Payette ! Dehors Pelchat ! Dehors les idéologues ! DEHORS !
N’avez-vous pas honte d’infliger au public votre discours asséché, misérable et ressentimenteux ? N’avez-vous pas honte de révéler ainsi votre nullité profonde, la logique fondamentale de votre idéologie, en vous permettant d’esquiver ainsi la réalité et de vous prononcer comme ça, de but en blanc, sur une fictive oppression de la femme ? Vous n’avez même plus besoin d’attendre que les événements se produisent pour vous prononcer. Car vous savez déjà la réponse : la femme est opprimée. Opp-pri-mée. Et les hommes dé-gueu-las-ses !…
Le Conseil du statut de la femme — et je vais y revenir, parce que je dois réagir ce week-end à leur rapport imbécile sur “les médias comme obstacle à l’égalité” – est une fourmillière d’opportunistes, de technocrates carriéristes et d’idéologues spécialisés dans le chantage victimaire. Ce think thank de la cause féministe, financé par l’État, a une double occupation : donner des jobs aux amies du Système ; légitimer le consensus techno-progressiste autour de la femme comme victime systémique.
Tant qu’il y aura des Conseils du statut de la femme qui seront financés, qui produiront des rapports bidons, et qui se poseront en vigile sociale de la bonne parole progressiste, il y aura des Lise Payette et des Marie-Claude Lortie pour régner en bouffonnes de la rectitude politique sur toutes les tribunes.
Vous ne changerez rien à la composition de la petite élite médiatique et au discours public si vous ne vous attaquez pas d’abord à l’État techno-progressiste, ainsi qu’à ses innombrables planques para-ministérielles. Les deux sont inextricablement liés… Complices dans la fabrication d’un consensus de façade, inquisitorial…
Car les apparatchiks sont solidaires dans l’imposture. Les médiocres savent se tenir serrés, très serrés. Ils sont plus mafieux que la mafia elle-même. C’est une vérité qui n’a pas fini de se révéler, à mesure que la nullité des apparatchiks techno-progressistes deviendra évidente. Car peu importe la médiocrité affichée, puisqu’ils continueront à se maintenir au pouvoir – c’est bien ça le plus extraordinaire !… Les médias québécois sont condamnés à devenir les dépositaires du plus grand ridicule qui soit, mais tout en continuant dans la même voie, par la seule force de la solidarité clientéliste ! Par la seule poigne du ressentiment !

