La Commission Bouchard-Taylor, ainsi que la tourmente médiatique qui s’en est ensuivie, auront réussi le tour de force de mettre l’immigration au tout premier plan de l’agenda politique, tout en évidant justement ce thème de sa dimension politique.
Rappelons la crise de Gérard Bouchard quand un citoyen de je ne sais plus quelle région avait dit du port du hijab qu’il représentait un “signe d’arrogance” et un “acte politique”. Le co-commissaire l’avait sommé de se taire. Et pourtant, celui-ci soulevait un excellent point. Il est vrai cependant qu’il ne s’interrogeait pas sur la “théorie interculturelle”, mais sur le réel, ce qui est toujours délicat aux yeux de nos apparatchiks.
La Commission BT et la campagne de propagande médiatique qui l’a entourée — principalement par Radio-Canada/RDI, La Presse et Le Devoir — ont réussi à bannir le réel de l’analyse politique qui aurait dû être faite de l’immigration au Québec, en ce moment même, en 2008.
Ceux qui vivent à Montréal les yeux ouverts sont à même de constater la montée très rapide d’une violence sourde reliée explicitement à l’immigration. Le délitement du lien social s’accentue toujours plus chaque jour, à mesure que se consolident les fondements de notre nouveau régime politique : le techno-progressisme.
L’un des premiers préceptes du techno-progressisme consiste justement à interdire toute discussion politique sur l’immigration. La Commission BT et le lyrisme médiatico-onusien “anti-Hérouxville” aura ponctué cette mutation fondamentale, faisant passer l’interdiction de la théorie à la réalité. Il est maintenant entendu par tous, par les institutions et les apparatchiks en premier lieu, par les citoyens “scolarisés” en second lieu, que l’immigration est intrinsèquement bonne et ne saurait être l’objet d’un questionnement critique. Rappelons ici qu’il ne s’agit même pas de dire que l’immigration est mauvaise ; il s’agit seulement de la poser en des termes politiques, au même titre que n’importe quel phénomène qui implique des effets immédiats sur la société. Penser l’immigration est devenu impensable, seule sa célébration continue étant permise.
Si je fais ces réflexions, lecteurs, c’est que je suis à quelques jours d’un déménagement qui me fera passer d’un quartier, Côte-des-Neiges, à un autre plus à l’est de la ville. Et que les raisons de mon déménagement sont à la fois pratiques — l’appartement que j’ai déniché me convient davantage – et politiques — la vie quotidienne dans CDN m’est devenue intolérable en tant que Québécois.
Quand je me suis installé ici, il y a quatre ou cinq ans, je ne croisais pratiquement jamais de femmes avec des hijabs. Aujourd’hui j’en croise des dizaines par jour, et pas seulement dans Côte-des-Neiges : au centre-ville et dans le Vieux-Montréal. Quand j’allais faire des promenades, montant jusqu’à l’Oratoire Saint-Joseph pour méditer quelque chef d’oeuvre sublime que je venais de lire, j’étais fréquemment entouré de Québécois ; les mots que j’entendais étaient français, certes parfois entrecoupés de langues étrangères, mais la langue commune était visiblement le français. L’Oratoire, j’en revenais plus tôt ce soir avec un ami, et je puis vous assurer — sans déformation paranoïaque aucune — que nous étions les seuls Québécois sur place. Tous ceux qui nous entouraient étaient des immigrants. Des immigrants qui ne parlaient pas français, chacun échangeant dans sa langue natale, comme si le lieu même où ils se trouvaient n’étaient pas le Québec mais leur pays d’origine. Ils semblaient se sentir parfaitement à l’aise. Conversation bruyante… Interjections… Rires sonores… Ils avaient le comportement dégagé des majoritaires — ce qu’ils étaient en effet.
Cela m’a rappelé les vacances, plus jeune, que je passais en famille dans le sud des États-Unis. Parce que nous étions en territoire étranger, mes parents et mes oncles, dans les places publiques, nous incitaient à parler plus bas qu’à l’habitude — la discrétion linguistique étant de mise dans un endroit où nous n’étions que de passage. C’était une question de respect pour les Américains. Nous n’allions quand même pas nous adresser la parole, en français et à voix haute, comme si nous étions au Québec, n’est-ce pas ? Les frontières avaient un sens. Une autre époque…
Aujourd’hui, en 2008, le projet de l’État techno-progressiste est de faire des majoritaires des minoritaires, et des minoritaires des majoritaires, ce qui implique de parasiter ce lien civique si précieux qui garantissait le contact civilisé entre étrangers. Et ça fonctionne. Ça fonctionne même au-delà de toute espérance.
En quelques années, le visage de Montréal a changé du tout au tout. La toute-puissance idéologique a trouvé son air d’aller, tandis que son bras technocratique est d’une fidélité, d’une efficacité à toute épreuve. La carte démographique de Montréal est véritablement en train d’être recomposée selon des critères ethniques et racialistes, faisant de la ville un agrégat de ghettos galvanisés plutôt que la cité métropolitaine, pôle urbain du Québec national, que l’on cultive dans nos fantasmes.
Le principal problème ainsi posé, d’un point de vue politique, est celui de l’occupation territoriale. La référence nationale étant non seulement brisée, mais systématiquement piétinée par le système médiatico-étatique, les populations ghettoïsées opèrent sous nos yeux une sécession tranquille d’avec le Québec, tout comme d’avec le Canada. Elles ne sont ni au Québec, ni au Canada, mais à l’ONU, où l’intérêt supérieur des droits de l’homme passe avant toutes choses, y compris avant les futiles prétentions nationales de la supposée majorité québécoise. Les populations immigrantes, je suis le premier à la regretter mais c’est la stricte vérité, ont un rapport d’intérêt avec l’État social — l’État québécois devant être ici au service du Super-État onusien sous la législation duquel elles se placent de facto.
Le Québec national d’Hérouxville, de Saguenay, de Beauce, de Québec et des régions n’a pas de pouvoir. Le Québec au pouvoir est celui de Georges Leroux, de Daniel Weinstock, de Gérard Bouchard, d’André Pratte. La crise des accommodements raisonnables aura révélé aux yeux de tous, et à ceux des immigrants avant tout, que le pouvoir sous la coupe duquel il s’agissait de se placer était celui de l’anti-nationisme droit-de-l’hommiste, pour lequel le hijab n’est pas un “acte politique” ou le “signe explicite d’une volonté de non-intégration”, mais un choix vestimentaire parmi d’autres laissé à la discrétion du citoyen-consommateur.
De fait, depuis que le Québec a révélé les contours de son nouveau régime politique, les populations immigrantes en ont pris acte. Sur le terrain, cela est indubitable, les hijabs se multiplient. Et s’il était possible auparavant d’attirer le regard de telle ou telle femme au teint arabe, habillée à l’occidentale, la même femme désormais vêtue du hijab ne remarquera pas votre présence, même si vous insistez d’un regard violent, intense. Votre présence n’est qu’anecdotique. Ils sont chez eux, tandis que vous n’êtes que de passage. Le rapport politique s’est inversé, et ils se sentent, se savent au pouvoir désormais. Que la situation demeure ainsi durant encore 10 ans et elle deviendra irréversible…
Avec l’annonce irresponsable de Jean Charest, qui dit vouloir augmenter le seuil d’immigration de 40 à 55 000 par année, dans dix ans le Québec — et surtout Montréal — devra composer avec 550 000 nouveaux arrivants. Ce chiffre inclut-il les regroupements familiaux ? Espérons-le. Car sinon, il faudrait à tout le moins le doubler pour en arriver à une appréciation plus exacte.
À 40 000, en 2008, la ville est déjà noyée. Imaginez dans dix ans, à raison de 55 000 par année.
Bonne chance.
* * *
En politique, il n’est pas bon d’être faible. Il l’est encore moins de le montrer et d’en faire une vertu. C’est malheureusement le cas du Québec chéri de nos élites techno-progressistes, dont le travail de destruction anthropologique commence à porter ses fruits les plus amers.
Depuis plusieurs mois, je constate que chaque groupe ethnique replonge dans ses racines folkloriques, pour ressortir ensuite sous une forme musicale ou vestimentaire quelconque. Aujourd’hui seulement, j’ai croisé dans ma rue — qui est une rue respectable, résidentielle, nullement réputée pour être un bazar identitaire — trois Noirs qui portaient des espèces de tuniques africaines très colorées, en porte-à-faux des codes occidentaux. Bien sûr, ce genre de fantaisies enchantent les belles âmes ethnolâtres. Elles trouvent ça mignon… Beauté de la diversité, pluralisme multicolore, et ainsi de suite. On connaît la chanson. Or, il s’agit moins de fantaisie que de politique. Ces Noirs ont revêtu leurs atours folkloriques et ethniques, selon le même raisonnement qui a poussé les femmes musulmanes à se revêtir soudainement du hijab. Tout le monde en somme se referme en lui-même, dans son espace mental sécessionniste, insensible à la cité politique réelle.
C’est dans ce contexte que la logique d’assimilation a cédé le pas à la logique d’occupation. La majorité étant impuissante à s’exprimer par les médiations institutionnelles, pour l’instant usurpées par une élite qui nie la souveraineté populaire, l’immigrant est encouragé à exprimer sa “différence”. Et c’est ce qu’il fait. En sortant tout le bazar… En élevant la voix, dans sa langue natale, dans les endroits publics… La zizique à plein volume… Il occupe le terrain… Se tient en groupe, ou encore en gang… Développe un sentiment communautaire aigu, une fierté tribale, des réflexes revendicateurs, tapageurs…
Il va de soi que ce monde ghettoïsé, où règne la nouvelle race supérieure “métissée”, n’est pas très chaleureux pour le Québécois blanc. Physiquement, en tant que Québécois blanc, j’ai plus d’une fois senti que ma présence n’était pas désirée dans ce quartier ; j’ai d’ailleurs dû affrontrer à quelques reprises des situations tendues. Il suffit d’être un Blanc et d’être correctement habillé, le regard droit et fier, pour exciter l’hostilité du nouveau peuple métissé. Le seul Blanc accepté ici étant le Blanc vieillard, ou le Blanc malade : le Blanc humilié. Le Blanc hors jeu.
Encore une fois, je tiens à préciser que ce climat social incendiaire a cours surtout depuis un an. Les rapports n’étaient pas aussi tendus auparavant. Aujourd’hui, sinon sur une base quotidienne, du moins à tous les deux ou trois jours, je suis témoin d’incivilité, de violence urbaine assez grave, de tensions raciales et tribales. Dans ce nouveau monde déstructuré de la guérilla post-moderne, les gangs de rue règnent en maître, cellulaires à la main et poignards sous le t-shirt, avec leurs bijoux ostentatoires, leurs mines arrogantes et leurs comportements violents, soudains et extrêmement impulsifs. Dans la nouvelle donne, la police n’existe pas : elle est trop occupée à donner des conférences de presse pour dire que les crimes sont en baisse, et que décidément, le sentiment d’insécurité croissant des Montréalais relève d’une “perception erronnée de la réalité”… La police est donc occupée à ça et à embaucher des policières de 125 livres. Pour faire progressiste. Pour faire de sa faiblesse une vertu.
Dans la dernière semaine seulement, j’ai croisé au moins à cinq reprises des gangs de rue qui s’affichaient comme tel. Dont une fois devant l’hôtel Saint-Sulpice, dans le Vieux-Montréal. Un secteur bourgeois pourtant censé être à l’abri de ce genre d’agitation. Eh bien non : il semblerait que les gangs de rue, à l’instar des populations immigrantes ghettoïsées, aient également vu la faiblesse gouvernante, et qu’ils en aient inféré que les quartiers bourgeois, les “quartiers du pouvoir” devaient également tomber sous leur juridiction. Puisque la faiblesse gouvernante, puisque le propre du techno-progressisme est de congédier le réel et de ne pas appliquer la Loi sur le terrain, les gangs de rue substitueront à cet espace public déserté leur propre juridiction. Celle de la jungle…
Trois-quatre Noirs, habillés dans le style hip-hop des gangs de rue. Qui se promenaient dans le Vieux-Montréal, vers 16h30, en gueulant aux passants : “LE DIABLE EXISTE.” Les passants, terrorisés, faisaient semblant de ne rien entendre, rentrant discrètement dans leurs hôtels de luxe, ou dans le café lounge le plus proche… La faiblesse s’affiche, le manque de couilles est partout, le principe d’inversion domine dans les institutions : les criminels, les profiteurs et les pervers l’ont compris. Place à l’âge des ténèbres. Place aux commandos urbains, aux viols de masse, aux fusillades en plein centre-ville, aux ratonnades anti-blancs, à la terreur quotidienne, rampante, paralysante. Aux coups de couteau vaches dans le métro.
Aujourd’hui, je suis allé à l’épicerie — il faisait encore soleil, le soir n’était pas tombé — faire quelques courses vers 19h, et j’ai croisé sur mon chemin une bande de trois Noirs, qui affichaient à leur tour les signes distinctifs du gang de rue. Avec des chiffons de barbares noués sur la tête, les yeux hagards, stupides, chargés de haine. Ils s’adressaient aux passants, au hasard — parmi les nombreuses insultes, j’ai réussi à en comprendre une : ”JE VAIS TE CHIER DESSUS !”
Trop aimable.
* * *
Ces crétins barbares que j’ai croisés dans la rue ne sont pas les victimes d’un système injuste et inégalitaire, mais les opportunistes rageurs d’un Système qui leur fait miroiter la possibilité d’une domination raciale absolue par la violence et l’intimidation. Il y a une dimension ethnique dans le phénomène des gangs de rue, qui est parfaitement évidente, et qui doit être imbriquée dans la perspective plus large d’une analyse politique de l’immigration. Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’il y a une vengeance raciale active au sein des gangs de rue, qui va au-delà du simple gangstérisme marchand. Voler le Blanc, et baiser la fille du Blanc. N’est-ce pas de cela qu’il s’agit ?
Le régime techno-progressiste joue à un jeu extrêmement dangereux. Il excite trop les passions basses pour ne pas, un jour ou l’autre, plonger le pays dans un chaos social largement tributaire de cette interdiction de penser qui plombe désormais toutes les intelligences sur la question de l’immigration. D’ailleurs, ce chaos est déjà implanté. Nous sommes présentement en guerre, et le plus tragique c’est que les attaqués ne veulent pas l’admettre. Alors ils se font manger. D’abord symboliquement, ensuite physiquement. Ils disparaissent de la carte…
Dans dix ans, en réaction à la moindre manifestation d’autorité nationale, quand les immigrants ghettoïsés foutront le feu à des bagnoles, on se demandera comment on en est arrivé là. Quand des actes d’une violence inouïe, gratuite et raciale auront lieu en plein jour, on se demandera pourquoi.
Or, dans dix ans, encore plus qu’aujourd’hui, personne n’osera évoquer que le pays s’est noyé lui-même depuis longtemps par une immigration mégalomane, irréfléchie, idéologiquement dopée. Par un bête manque de sens politique.
Tout ça pour avoir oublié que la politique, ce n’est pas “gérer” des accommodements, mais OCCUPER un territoire, et y exercer le pouvoir exclusif de la coercition tant physique que symbolique. Ce qu’il s’agit de montrer d’abord en politique, ce n’est pas la faiblesse, mais la force.
Les Québécois paieront très cher l’oubli de cette leçon fondamentale.