Sculptures

Tout ce qui affaiblit Espace Culture, tout ce qui fait de la peine aux chroniqueurs d’art contemporain, aux imposteurs du fonctionnariat culturel ; toutes les nouvelles qui annoncent une “installation-performance” de moins ; tout ce qui, dans l’univers, concourt à être défavorable aux programmes de maîtrise ès Subversion de Concordia et de l’UQAM mérite, dans l’immédiat, une salve d’applaudissements et de remerciements.

Pendant ce temps, Marie-Claude Lortie se désole de la lenteur de Montréal à rejoindre les autres capitales du monde dans leur course effrénée à l’insignifiance et à la néantisation ludique : “Pourquoi, demande-t-elle, on ne repeint pas les silos du Vieux-Port en rose ? Pourquoi on ne met pas un toit vert sur le stade ? Pourquoi on ne construit pas des béquilles géantes pour nos viaducs ? Ça serait drôle, non ?

Eh bien non, ma chère MC : ça ne serait pas drôle. Ni intéressant. Ni beau. Mais puisque justement l’art contemporain consiste à être drabe, ennuyeux et laid à mourir, il est à parier que ces critères, loin d’être vus comme des repoussoirs, seront considérés comme des qualités propres à relancer la machine à subvention.

D’ici là, amis humains, goûtons notre modeste victoire sur les robots d’Espace Culture. Il y aura quelques “sculptures urbaines” de moins cet été, c’est déjà ça de pris. La saison n’en sera que plus légère et agréable.

Champagne !