Jadis, les FrancoFolies fédéraient la diversité musicale sous la langue française. Aujourd’hui, les FrancoFolies la fédèrent sous une doctrine politique, le multiculturalisme.
Quand le régime parle d’un artiste appartenant à la “diversité artistique”, il parle d’un artiste politiquement enrôlé. En échange de son absence de sens critique et de sa pleine adhésion à la propagande d’État festivo-multiculturelle, l’heureux artiste bénéficie d’une appartenance publique à la “diversité artistique”, ce qui lui confère une supériorité morale sur ses semblables et une place de choix dans l’attribution des subventions.
Une analyse lexicographique sommaire nous renseigne que le régime a complètement réussi la falsification de la notion de “diversité”, comme il l’avait d’ailleurs fait plus tôt avec celle de “liberté” et “égalité”. “Diversité”, comme “liberté” et “égalité”, sera désormais employé dans les médias de masse et les “plans d’action” gouvernementaux sans égard à sa signification véritable. Dans dix ans, plus personne ne remarquera quoi que ce soit. Ce qui est aujourd’hui matière à étonnement suscitera demain l’indifférence.
Toute guerre idéologique est une guerre d’usure.