Le magnifique communiqué de la Fraternité des policiers, qui m’avait échappé lors de sa parution après les événements de Montréal-Nord :
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pour diffusion immédiate«Il n’y a pas assez de policiers dans les quartiers sensibles à Montréal»
- Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal
Il faut augmenter le nombre des policiers et de policières qui interviennent sur le terrain de façon quotidienne à Montréal, en particulier dans les zones plus sensibles où jeunes criminalisés et gangs de rues, notamment, sévissent.
Voilà l’essentiel de la position de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, à la suite des événements qui ont eu lieu ce week-end à Montréal-Nord.
Samedi soir, le canevas de patrouille prévoyait que trois duos et un solo étaient en fonction dans le secteur où les événements ont eu lieu. Et à compter de 23 heures, trois duos de policiers étaient à l’œuvre, puisque les solos ne travaillent pas de nuit. C’est donc dire que tous les policiers peuvent être occupés en même temps et avoir de la difficulté à se porter assistance si nécessaire.
« Il n’est pas normal que deux agents aient eu à intervenir seuls pour interpeller un suspect, samedi soir au parc Henri-Bourassa, alors qu’il y avait plusieurs jeunes dans le parc, et alors que l’on sait très bien qu’il s’agit d’un secteur où les gangs de rues sont actifs, affirme le président de la Fraternité, Yves Francoeur. Il ne s’agit pas d’interpeller ni de harceler indûment les citoyens de Montréal-Nord, mais il faut quand même que les policiers soient assez nombreux pour marquer une certaine présence dans les parcs et dans les lieux publics. Sinon, c’est la rapidité d’intervention et le sentiment de sécurité des citoyens qui sont compromis. »
Rappelons qu’il n’y a pas si longtemps, une voiture du SPVM avait été la cible d’un tireur dans le même quartier. Et hier, une policière a encore été la cible d’un tireur, pendant l’émeute. Il y a un an, un policier qui entrait chez lui avait été aussi la cible d’un tireur qui a été acquitté, il y a quelques semaines. C’est donc dire que le travail de policier à Montréal-Nord est imprévisible et dangereux.
Il faut donc revoir les canevas de patrouille dans les quartiers sensibles de telle sorte que les policiers pourront agir de façon préventive, tout en étant assez nombreux pour intervenir, si nécessaire. Et il faut le faire pour que les changements apportés soient permanents.
« Ce n’est pas la première fois que nous soulevons ce problème, rappelle Yves Francoeur. Mais à chaque fois, on nous répond qu’avec près de 4800 agents, nous sommes de plus en plus nombreux. Mais il faut comprendre que nous couvrons désormais l’aéroport, le métro, qu’une escouade a été créée pour la circulation et que Montréal, « ville festive », pour reprendre des mots populaires à l’hôtel de ville, nécessite la mise en place de 1500 services d’ordre par année. En conséquence, dès qu’il y a un peu d’action, les patrouilleurs sont débordés et ils sont forcés d’intervenir en nombre insuffisant. »
Signalons aussi que le ministère de la Sécurité publique, qui a pris pratiquement trois ans avant d’appuyer financièrement le SPVM dans sa lutte aux gangs de rue devrait lui aussi se poser des questions ce matin. Si on n’avait pas tant attendu, nous n’en serions peut-être pas là aujourd’hui.
La Fraternité entend faire les représentations nécessaires pour que la situation s’améliore rapidement, et pas uniquement à Montréal-Nord. Être policier à Montréal est un métier difficile où l’on doit intervenir dans des situations très particulières. Les événements de la fin de semaine le prouvent encore.
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Il semblerait donc que les Montréalais ne soient pas les seuls à souffrir d’une “mauvaise perception de la réalité” : les policiers également, eux à qui on a répondu que le nombre d’effectifs (4800) avait augmenté et que par conséquent le sentiment d’insécurité et de surcharge de travail était largement gonflé.
C’était sans compter l’appareil festif, qui nécessite à lui seul quelque 1500 services d’ordre par année. 1500 ! Qu’est-ce que ce sera avec le Quartier des spectacles ? Qu’arrivera-t-il lorsque tous les policiers seront pris par la patrouille ininterrompue du Show, et qu’il n’y aura plus personne pour patrouiller le réel ?
À tout le moins, il y aura des statistiques. Qui viendront nous dire une fois de plus que l’on a tort de voir ce que l’on voit.