
La première question qui se pose, pour toute personne un peu sensée, surtout lorsqu’elle habite Expérience Montréal, c’est : “pourquoi ce régime tient-il debout ?“. Comment se fait-il que les citoyens acceptent, malgré cette évidente aberration qu’est notre État, de payer des impôts et des taxes, de respecter la loi (je parle de ceux qui vivent en-dehors de Montréal-Nord), de travailler et de suivre généralement les codes de la civilité la plus courante ? Ce genre de questionnements sur la pérennité du “vivre ensemble” a tôt fait de venir à l’esprit, en effet, quand se renouvelle en début d’été le triste spectacle de notre métropole de province : des gens banals et enthousiastes, qui se croient doués pour la fête, s’autorisent à déambuler bruyamment dans les rues avec un air de contentement ridicule. La procession des Gens Heureux se déroule au milieu de clodos schizophrènes, de petits délinquants dissimulateurs, de vendeurs de L’Itinéraire, de représentants de Médecins sans frontières et de brigadiers de la vertu en tout genre. Les couples métissés, surtout, sont les plus heureux de tous, arborant cet air triomphant caractéristique des militants ”du sens de l’Histoire”. Les familles recomposées bobos, soucieuses de publiciser leur “bonheur”, vont gambader au parc Laurier après le brunch du dimanche, la mère s’exclamant : “Brâvo Félix-Antoiiiiine ! Je suis si fièèère de toiiiiiii !” — alors que le dénommé Félix-Antoine, 2 ans, aligne petit pied après petit pied à l’ombre d’un père qui n’est pas vraiment son père… À quelques mètres de là, un couple homo embourgeoisé débarque d’une Saab étincelante. Il se dirige d’un pas preste au club vidéo, où il ira probablement louer Milk, avant d’aller au cinéma s’attendrir sur J’ai tué ma mère. En traversant la rue, il passe près de se faire renverser par un cycliste enragé qui, sorti de nulle part, n’en est pas moins convaincu d’incarner l’Avenir. C’était avant de croiser au club vidéo un Noir revampé selon les codes vestimentaires dominants, qui sortait avec une copie de Vers le sud sous le bras. Les bobos se croisent, se bousculent par accident, s’excusent, puis s’excusent de nouveau, reculent, avancent, reculent, et enfin ils se dépassent, se saluent, opinent de la tête, se brisent l’échine de politesse : enfin ils se côtoient et ils sont contents. Ils éclatent de rire un peu trop souvent, laissent pendre leurs mains paresseuses, grillent des cigarettes clandestines. Leur activité générale se déploie, tandis que la rue fourmillante, bordée de deux trottoirs, se voit marquée des deux côtés par le roulement continu des piétons. Un flot de piétons, un torrent d’identités, une cavalcade d’egos se déchaînent ainsi dans les limites fermes mais bienveillantes des boutiques vitrées. Et pourtant un calme lénifiant vient recouvrir toute cette agitation anxieuse comme une pluie acide sur un tas de pneus neufs.
Mais voilà, la question demeure, intacte mais reformulée : “qui mettra le feu ?” Qui lèvera le voile ? Débranchera le respirateur ? Qui subtilisera le miroir aux Narcisses citoyens ? Je veux dire par là que le spectacle urbain nous renvoie à tous les jours le reflet d’une société décomposée, déconstruite, instable, erratique et par ailleurs d’une extraordinaire cohérence dans son désir d’autofragmentation perpétuelle. Les stigmates de l’égo n’en finissent plus de meurtrir la chair sociale, de la rougir de noirceur. Les feux éteints du moi post-occidental règnent dans toute leur splendeur sur une cité désertée par les hommes. “Dieu devrait me respecter“, est allé jusqu’à dire un transsexuel cubain, imbu de sa prétention à incarner l’ultime singularité ontologique face à un monde jugé intolérant et homogène. Au shopping mall de la différence, la théorie de l’offre et la demande domine en absolu et remodèle la matière plastique humaine selon les nouvelles potentialités thérapeutiques. S’il est légalement possible de changer de sexe, c’est donc qu’il y aura des candidats, et de plus en plus au fil du temps, concurrence mimétique oblige : le raffinement de la psychose ne connaît pas de limites lorsqu’on met la technologie à son service. Ce régime-ci ne se fonde plus sur des raisons historiques, sur un contrat social, voire moral, mais sur une promesse mégalomane qui traverse tout l’appareil d’État : la promesse de guérison, qui est aussi promesse de toute-puissance. La promesse, folle et infondée, de délivrer l’homme de la rupture avec le cosmos, de le délivrer de la mort, de la vieillesse, de la décrépitude, du sexe et du temps. La promesse de délivrer son corps de l’arbitraire de la nature. Or, la promesse de guérison, en contexte modernitaire, ne peut que stimuler l’assommante passion des “pathologies inconnues”. On se teignait jadis les cheveux pour être original, aujourd’hui on se découvre une maladie nouvelle. Après la dystrophie d’identité de genre, à quand une nouvelle pathologie : la dystrophie d’identité raciale ? Je crois d’ailleurs qu’une chroniqueuse bien connue, Lysiane Gagnon, en souffre plus que n’importe qui : ses symptômes, on l’a vu avec l’affaire du pain Weston, semblent en effet extrêmement sérieux. Si seulement notre société n’était pas aussi bornée, aussi figée dans ses réflexes réactionnaires, elle pourrait admettre qu’un individu n’a pas à se faire imposer sa couleur de peau. Il devrait être inscrit dans la loi qu’un citoyen peut choisir la peau qui convient le mieux à sa personnalité, au même titre que n’importe quel attribut corporel. La nature n’est-elle pas une domination de trop qui mériterait d’être déconstruite jusqu’au bout ?
En l’état actuel des choses, nos contemporains ne paieraient pas leurs impôts et n’accepteraient pas de se soumettre à la loi commune s’ils n’étaient à ce point paralysés par la peur de mourir. Le régime thérapeutique, sous lequel il est si avilissant de vivre, tient debout pour une seule et unique raison : parce qu’il a réussi à convaincre ses sujets qu’il était en son pouvoir de les protéger de la mort, de la maladie et surtout du hasard. C’est le sens profond de “l’État-Providence”. L’État providentiel, c’est-à-dire l’État qui pare à tout, y compris les phénomènes les plus inéluctables. L’État qui programme. L’État qui décrète. L’État qui sensibilise. L’État qui gère. L’État qui rééduque. L’État qui moralise. L’État qui réglémente. L’État qui vole. L’État qui, du haut de ses laboratoires tout-puissants, se permet de nier l’existence historique de tout un peuple ; de redessiner la carte anthropologique de le nature humaine ; d’imposer des utopies collectivistes comme des évidences, sans demander l’avis de personne et surtout pas du peuple. Ce même État qui, après avoir encouragé toutes les “innovations” imaginables pour détruire la famille, se présente désormais comme une alternative thérapeutique incontournable pour sauver les vieux de la solitude et de la détresse. Et le voilà, tout fier, en train de subventionner des armées de clowns pour apporter “tendresse et réconfort” à des ex-adultes qui ne peuvent plus compter sur une famille élargie pour leur tenir compagnie ou pour les protéger du programme festivocrate de l’État. Il va de soi que, sans famille à leur côté, les vieux ne peuvent garder à distance les fonctionnaires festifs de l’État, se trouvant complètement à la merci de leurs pitreries niaises et de leurs méthodes psychologisantes barbares. Ce sont des proies faciles.
Avec le recul, cette histoire de clowns n’est-elle pas emblématique du régime de terreur de l’État thérapeutique ? En tout cas, le système n’a pas tardé à contre-attaquer. Le processus de rééducation est en cours. Cela pourrait étonner, mais cela n’étonne plus : depuis Bouchard-Taylor, c’est toujours la même chose. La Presse en a fait sa une ce samedi, d’autres journaux ou revues ont suivi et le constat est le même partout : le peuple a erré. Le sens commun a failli. Les préjugés ont dominé. Une fois de plus, les gens ont parlé sans savoir et ont stigmatisé un groupe particulier, les clowns de l’État, sans faire l’effort de comprendre un métier qui ne pouvait que leur être inconnu. Poussé par leurs pulsions les plus basses, les plus intolérantes, ils ont méprisé, tourné en ridicule et exposé à la haine publique un groupe de la société qui ne demandait qu’à remplir son rôle au sein de notre précieux “vivre ensemble”. Quelle médisance ! Quelle ignorance ! Quel lynchage gratuit ! Une anthropologue de l’UQAM, intellectuelle-experte et directrice d’un loufoque “Centre d’étude sur la mort”, nous fait l’honneur d’un sermon : “Ceux qui ont participé à ce débat ont démontré qu’ils ne prenaient pas au sérieux les choses importantes, tout en se prenant eux-mêmes très au sérieux“. Qu’est-ce que ça veut dire ? Si l’on outrepasse la formulation alambiquée, qui essaie de faire passer pour profond ce qui n’est, à la base, qu’une ineptie fumeuse, cela signifie simplement que l’État thérapeute, qui a déjà l’ambition de nous déposséder de notre vie amoureuse, familiale et sociale, a aussi le désir de s’approprier la mort. La mort et les morts. Votre mort, celle de votre voisin, de votre mère, de votre père. Celle de tout le monde. Se moquer des clowns, représentants attitrés de la thérapie légitime, équivaut à faire preuvre d’un sérieux excessif, parce que cela revient à se poser en opposants forcément illégitimes de l’approche de l’État sur la mort. Pour nos intellectuels-experts, les gens ordinaires n’ont pas la capacité ni la légitimité de réfléchir sur la mort, ça ne fait pas partie de leur code génétique. C’est pourquoi il nous faut des “Centres d’étude sur la mort” et des anthropoloques condescendantes de l’UQAM pour comprendre ce qu’il en retourne, et surtout pour prescrire à l’ensemble du peuple ce qu’il convient de dire et de ne pas dire sur les moyens que prend notre État festiv0-païen pour mettre en scène la mort des gens. Elle l’a dit elle-même : le fait même de “participer au débat”, donc de remettre en question la décision de l’État, faisait des rieurs anti-clowns des mécréants. La distinguée anthropologue, écrit la journaliste de La Presse, déplore les “propos méprisants et ignorants” qui ont été tenus sur les clowns thérapeutes. Est-ce à dire qu’il serait impossible de connaître une réalité et de la mépriser en même temps ? Car c’est la logique qui sous-tend le discours des apparatchiks. Le désaccord face au système serait toujours dû à “l’ignorance”, la “fermeture” et aux “préjugés”. La méthode admise consiste à le neutraliser dans le cadre d’un “dialogue”, par lequel on expliquera avec componction au citoyen désaccordé ces notions “complexes” dont il était initialement dépourvu, et à l’aide desquelles il pourra enfin devenir légitime, c’est-à-dire de nouveau en accord avec le système.
Que Dieu soit loué, nous avons des Centres d’étude sur la mort pour savoir quoi penser de la mort. Des Instituts sur le vieillissement pour savoir comment vieillir. Des Écoles sur la nutrition pour savoir comment manger. Des Sécrétariats à la condition féminine pour savoir comment faire des levrettes égalitaires. Des Observatoires sur le racisme et la discrimination. Des Commissions de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles. Des Commissions des droits. Des Offices de la santé. Des ministres immigrées au Ministère de l’Immigration. Des Conseils de ministres paritaires. Des Instituts de Nouveaux Mondes. Des Fondations Papa et Maman Chagnon. Des Coalitions sur la problématique du poids. Des Écoles d’été sur le développement durable. Des Centres de recherche sur le dépérissement. Et nous avons même, vous le savez peut-être, des laboratoires pour dépister les types de cancer. Qui ne seraient tout à fait top niveau, selon ce qu’on a pu entendre ces derniers jours. En fait, ils seraient à l’image de tout le reste : tout simplement déments. Taux d’erreur de 30% dans trois labos, tandis que de 15 à 20% des patientes atteintes du cancer du sein auraient reçu un mauvais traitement. Mais le Ministère se fait rassurant : l’échantillon du pathologiste est extrêmement limité, il n’y aurait donc pas lieu de paniquer, tout en omettant de dire que le fait que l’échantillon soit aussi restreint pourrait justement cacher une réalité encore pire. Ce n’est pas seulement les femmes atteintes qui retiennent leur souffle en attendant le nouveau “plan d’action”, c’est tout le Québec thérapeutisé. 7,5 millions de contribuables terrorisés et infantilisés, traqués par le fisc et tenus en respect par la bureaucratie. N’oublions pas que nous touchons ici au coeur de la légitimité du régime : la Santé. La vraie de vraie. Celle qui concerne le cancer, les bactéries assassines, les virus fatals. Celle qui nous ramène directement à notre condition de tristes mortels. Et sur cette question, les contribuables prisonniers de l’État ne négocieront pas. Le système a intérêt à ramener les éprouvettes aux bons endroits et vite fait, parce que sinon ça risque de barder. Parole de contribuable materné.
Mettez-vous à leur place. Ils ont tout accepté. Ils ont renoncé à la liberté pour la sécurité. Ils ont sacrifié ce qu’il leur restait d’individualité pour une hégémonie thérapeutique collective. Délaissé le hasard pour la Providence. Consenti à se faire dévaliser de la moitié de leurs avoirs en taxes et en impôts. Ils ont cru en l’hygiène, le principe de précaution, la “sensibilisation”. Ils ont pensé pouvoir bouter le mal hors de la réalité. Ils se sont soumis à tous les exercices possibles concoctés par les apparatchiks et les techniciens de l’État, et toujours en faisant semblant de ne pas être humiliés, de ne pas se sentir diminués dans leur intelligence. Ils ont laissé l’État parasiter leur famille, retourner leurs enfants et leur femme contre eux. Ils ont permis au gouvernement de voter des lois contre le “harcèlement”, la ”violence psychologique” et toute une série de concepts abstraits que le premier chien battu peut interpréter à sa guise. Toujours dans le but de normaliser les comportements et de maintenir ses sujets dans l’angoisse de la mort, l’État a imposé l’urgence, ces quinze dernières années, de traquer les mauvais mangeurs, les mauvais buveurs, les mauvais fumeurs. En théorie, pour éviter la généralisation des cancers, l’explosion des coûts de santé et des maladies. Mais en pratique, pour brider les consciences dans les seuls paramètres du souci de soi sécuritaire. Le régime est même allé jusqu’à considérer l’interdiction de fumer dans les voitures en présence d’enfants, donc de décider de ce qui se ferait ou non dans votre propre automobile. Tout cela alors que le peuple continue d’aller travailler le iPod dans les oreilles, le dos courbé, l’air sinistre, et que partout s’effrite le lien humain fondamental, non médiatisé par l’État. Et ça continuerait ainsi ? De façon aussi inégale ? Sans que le peuple ne se révolte ?
Si le régime n’est même plus en mesure d’assurer la Santé, que deviendra-t-il ? Les histoires d’horreur sur la barbarie de nos hôpitaux s’accumulent depuis un certain temps et ce n’est qu’un début. Contrairement à ce que l’on croit, les journaux sont plutôt discrets sur la question. On nous parle de temps d’attente monstrueux, certes, on nous parle de problèmes structurels. Sans doute. Mais nous parle-t-on des erreurs médicales ? Des tragédies personnelles ? De la dissimulation permanente des directions d’hôpitaux ? La vérité, c’est que la majorité d’entre nous savons intimement qu’il est préférable de ne jamais se présenter à l’hôpital sous quelque prétexte que ce soit, à moins d’être à l’article de la mort. On en est au point où les gens quittent l’urgence sans même avoir consulté, simplement par lassitude, un peu comme on le fait lorsqu’on est mis en attente au téléphone trop longtemps. On raccroche, vaincu par la médiocrité de la musique d’ascenseur et par l’attente, et puis on feint de se dire que notre appel n’était pas important. Idem pour les corps malades qui échouent à l’urgence, et qui se résignent à quitter sans se faire soigner. C’est sans compter, encore plus grave, l’improvisation de certains traitements, ainsi que la violence du principe de précaution, qui s’est manifesté dans le dossier des erreurs de laboratoire pour le cancer du sein, mais qui se retrouve aussi à d’autres degrés dans toutes les sphères du domaine médical. Antibiotiques bioniques, chirurgies agressives, médicaments, sirops décapants, tout est bon lorsqu’il s’agit de “prévenir” à grands coups de lance-flammes. Avec pour résultat que l’on ressort du sytème médical encore plus malade qu’on l’était.
Non seulement l’État-Providence ne nous sauvera pas de la mort, mais il ne nous sauvera pas plus de l’indignité. Mieux : le régime est déterminé à nous faire croire, grâce à l’intimidation vigilante de ses intellectuels-experts, que l’indignité auquel nous destine son programme thérapeutique n’en est pas vraiment une. Que c’est une illusion malheureuse qui n’existerait que dans nos têtes, et dont il serait urgent de nous débarrasser. On comprend alors la nature profondément malsaine de ce régime : ce qu’il aime et chérit avant tout, ce n’est pas la santé en elle-même, ce n’est pas la vitalité, ce n’est pas la vigueur. C’est la santé, oui, mais une fois passée par le filtre de l’idéologie dominante. Soigner ne se résume donc pas à soigner, mais à rééduquer ; non pas à nous remettre sur pied, mais à nous diriger dans le droit chemin. Les clowns dépêchés auprès des vieux ne sont rien. Nous aussi, avant même d’être vieux, nous aurons nos clowns, qui sans être des clowns seront quelque chose comme des “médiateurs culturels”. Avec une formation en théâtre et tout. Ils feront le pont entre nos “brèches intérieures” et le “vivre ensemble”. Ils distribueront de la “joie”, de “l’enthousiasme” et de l’affection ; ils répandront un peu de “douce folie” dans notre monde uniformisé et atomisé. Et ils seront d’autant plus légitimés aux yeux de la néo-société qu’ils risquent bien, je le crains, d’être les seuls “amis” de beaucoup de patients adultes. C’est inéluctable : le programme de déconstruction radicale de l’État thérapeutique mènera les individus à vivre l’essentiel de leur vie dans la solitude. Les familles décomposées et recomposées figureront des états temporaires, et finalement assez restreints en comparaison de la solitude où la plupart des êtres seront appelés à consommer leurs jours. La vie psychique individuelle n’existera plus. Elle sera entièrement et littéralement prise en charge par l’État thérapeutique, qui coordonnera, par le biais de ses hôpitaux tiers-mondisés et insalubres, la remise en réseau éphémère des affects inemployés des citoyens. Et ainsi de suite jusqu’à la prochaine maladie, dépression ou baisse de tension. Ainsi de suite jusqu’à la mort.
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PROCHAIN ÉDITORIAL : samedi le 6 juin 2009.
