Peut-être les grandes métropoles sont devenues des foyers d’implosion,
foyers d’absorption et de résorption du social lui-même dont l’âge d’or,
contemporain du double concept de capital et de révolution,
est sans doute dépassé. Le social involue lentement, ou brutalement,
dans un champ d’inertie qui enveloppe déjà le politique.

Jean Baudrillard, Simulacres et simulation (1981)

La vraie “séparation du Québec” a probablement déjà eu lieu, mais pas dans le sens escompté par les “séparatistes” officiels. Il ne s’agit plus tant, de nos jours, d’envisager la séparation du Québec d’avec le Canada, que de noter celle d’Expérience Montréal d’avec le reste du Québec. La première option, la souveraineté du Québec, réfère à une réalité politique néanmoins vivante : la structure du Canada, son histoire, sa composition politique, fait en sorte que le Québec existe toujours, dans ce pays, comme une anomalie historique et identitaire. Qu’il s’en trouve plusieurs pour se dire exaspérés par la “question nationale” n’enlève rien aux fondements du problème. On ne peut effacer, comme par magie, 400 ans d’histoire. On peut les dissimuler, les falsifier, mais cela ne fait qu’un temps, et tôt ou tard la réalité reprend ses droits sur les modes passagères. Les Québécois ne sont pas chez eux au Canada, leur seul vrai pays est le Québec. Vérité fondamentale, que partagaient jadis intimement les fédéralistes comme les séparatistes, bien que l’avis des deux clans différât sur les solutions politiques à adopter. Aujourd’hui, à l’heure où un parti “séparatiste” prospère à Ottawa, servant de pépinière à salaires et à fonds de pension pour un tout un aéropage de politiciens publicitaires (un pléonasme), plus rien ne distingue les “séparatistes officiels” des “fédéralistes officiels”, sinon une dénomination qui a perdu son sens lors de la conquête de Montréal par les colons d’Expérience Montréal.

J’insiste sur le concept d’”Expérience Montréal”, car il désigne bien une toute autre réalité que la ville de Montréal elle-même. Pas plus qu’Expérience New York n’est New York, qu’Expérience Paris n’est Paris, Expérience Montréal n’est Montréal. Par exemple, on peut dire avec une certitude absolue que Richard Hétu et Mali Ilse Paquin, journalistes de La Presse, ne sont pas des correspondants à New York et à Londres, mais à Expérience New York et Expérience Londres. Autrement dit, par-delà tout témoignage ancré dans le réel de ces villes, leurs articles figurent autant de reflets mimétiques de la Western Experience. Les publijournalistes sont des relais médiatiques, chargés de tisser aux soins de leurs co-citoyens une large “toile textuelle” du prêt-à-penser modernitaire. Araignées besogneuses de la Western Experience, les co-citoyens du nouveau monde, branchés sur l’appareil combinatoire de l’interaction virtuelle, traitent le discours dominant comme un oxygène essentiel à leur survie et à celle de leurs semblables. Ils reprennent, sans se fatiguer, le travail incessant de la “toile”. En inspirant, ils avalent clichés, automatismes de pensée, mots-téflons et calomnies consensuelles, puis ils les recrachent, en expirant, sous la forme de commentaires blogués, de vox pop web, de pétitions en ligne et de plaintes email au gouvernement. Forcément, l’air ambiant s’en trouve changé ; il véhicule même, pourrait-on dire, de toutes nouvelles pathologies infectieuses, qui n’ont que peu à voir avec le H1N1. Contrairement au bénin H1N1, qui ne s’en tient qu’au corps, le virus modernitaire s’attaque au système immunitaire de l’intelligence. Il en mange les cellules les plus actives, les plus nourricières ; il y diffuse ses vapeurs asphyxiantes ; s’y répand comme une longue coulée mortelle. Sous l’effet permanent des nouvelles pathologies, que le système prend bien soin de ne pas combattre, mais d’encourager, l’espèce humaine en place ne peut donc finir que par s’engager, à terme, dans un processus de mutation anthropologique. Si un corps se voit modifié par les pathologies successives qu’il reçoit, ou qu’il transmet par les gènes, il n’y a aucune raison pour que le même processus ne puisse s’observer dans la transmission du code anthropologique de la culture. La ville physique, pendant ce temps, se vide des êtres autonomes qui lui étaient historiquement impartis, pour se remplir de monades virtuelles sur deux pattes, petits “connectés” en tout genre, correspondants de la Western Experience, à l’aise partout mais chez eux nulle part. Un pied à Expérience Barcelone, l’autre pied à Expérience New York, la tête à Expérience Paris et le iPhone à Expérience Montréal, ces esprits écartelés abandonnent chaque matin leur corps réel, sans le moindre regret, sur le trottoir d’une ville-fantôme administrative : “Montréal”. (Conscients de la rupture entre l’état de nature et leur nouvelle existence virtuelle, ils perçoivent leur corps comme une machine à entretenir, à coup de “mises à jour” au gym et de “check up” chez l’ingénieur-clinicien). Pour les plus branchés, le souci de l’exactitude administrative se mêlera au kitsch acronymique : on parlera de “YUL”, du nom de code de l’aéroport international de la ville. Bien entendu, dire “YUL” est parfaitement ridicule, mais c’est oublier que les co-citoyens d’Expérience Montréal, en plus de leur corps, ont également délaissé le sens de la parole sur le trottoir de leur ville-fantôme d’origine. Ils ne se parlent plus, ils communiquent. Ils “échangent” des “textos” dans un néo-langage fonctionnaliste, où l’emploi de “YUL” pour parler de Montréal n’est plus ridicule, mais paraît au contraire aller de soi. C’est que la dénomination “YUL” leur est beaucoup plus naturelle pour parler du “Montréal” où ils vivent effectivement : une néo-city spectrifiante et signalétique, un “centre de création mondial” à l’intérieur duquel toutes les expérimentations sur la matière humaine sont autorisées. 

Dans les hautes sphères de la “modernité publicitaire”, en tout cas, l’affaire semble entendue. YUL-LAB est le nom que montreal.ad, un portail conçu par l’Association des agences de publicité du Québec, a donné à son nouveau concept de “recherche et développement”. “Modèle d’expérimentation prédictif et fiable“, YUL-LAB — comme son nom l’indique – entend se servir d’Expérience Montréal comme d’un laboratoire où seront “testés de nouvelles combinaisons publicitaires“. Louangée pour son caractère “multiculturel” (“plus de 80 ethnies” s’y côtoient, s’excite-t-on), Montréal serait un marché-test idéal dans un contexte de globalisation des marchés. “Creuset de créativité et haut lieu de culture“, la nouvelle ville spectrifiée est un “savoureux cocktail de chic européen, d’avant-gardisme et d’effervescence urbaine“. Elle peut compter sur une population-clientèle “à 53% bilingue“, dont “20% de trilingues“.  Ses quatre universités, anglophones et francophones, la placent au tout premier rang de la recherche universitaire au Canada, selon YUL-LAB. Tout cela pour dire qu’Expérience Montréal, avec sa population multiculturelle et plurilingue, ses diplômés en série et sa coolness franco-britannique, “dualité distinctive” évidemment, permettrait la réconciliation de tous les antagonismes : ancien/nouveau, tradition/avant-gardisme, etc. Description superficielle, bien sûr, qui pourrait s’appliquer à n’importe quelle autre métropole occidentale, à quelques variantes près. Expérience New York, Expérience Paris et Expérience Londres se “distinguent” aussi par leur “multiculturalisme” et leur coolness propre, par un tango ininterrompu entre la “tradition” et “l’avant-gardisme”, “l’ancien” et le “nouveau”. Le “branding” de chacune des villes se voit périodiquement renforcé par une incursion dans l’industrie mondiale du divertissement : New York pourra compter sur Sex and the City et Madmen ; Paris sur Amélie Poulain et Le Moulin Rouge ; Montréal sur le Cirque du Soleil et Arcade Fire… Autant de “traits distinctifs” sur le marché, qui peuvent se voir repris à l’autre bout du monde, transformés et usinés dans une autre néo-city de façon à donner une “touche européenne” ou une “touche américaine”, selon le cas. Détachés de leur substrat culturel, de leurs sources nationales, les métropoles occidentales sont en voie de consommer leur rupture définitive d’avec le monde historique et concret qui les a constitué. Elles sont le théâtre d’une densification déréalisante de l’espace-temps, lequel ne serait plus redevable à la continuité et à la discontinuité de l’histoire, mais à la seule machine à produire de l’image en boucle. Pour cette raison, les individus qui passent l’essentiel de leur vie dans les néo-cities ne sauraient préserver indéfiniment les comportements, les pensées et les réflexes vitaux de l’individu historique, qui avait une conscience aigue ou relative des enjeux politiques de son temps. Hormis quelques exceptions, qui ont tôt fait, de toute façon, de quitter l’île pour les banlieues ou les régions, les Montréalais se convertissent en masse à une nouvelle “néo-culture mondiale” qui fait du rejet national la condition même de leur nouvelle appartenance. Les Québécois des régions ne sont pas les seuls, en Occident, à se faire attaquer sauvagement par leurs voisins métropolitains. C’est partout le même phénomène.

Le processus d’alignement, disséqué sur ce site dans le contexte québécois, peut en effet s’observer dans les autres nations occidentales. Une nouvelle classe d’exploitants et de dirigeants, composée de représentants du showbiz, du journalisme, de la politique et de l’économie (les people), s’oppose à l’ancien peuple. Il est par ailleurs devenu évident, depuis quelques années, que l’opposition n’est plus que de l’ordre du discours ou de la pose mondaine mais de la guerre ouverte. Nous sommes bel et bien en guerre, mais dans des paramètres tout à fait inédits. Cette guerre, nous pouvons la déceler dans l’entreprise de rééducation du ministère de l’Éducation (la réforme, le cours ECR, la réécriture des cours d’histoire), dans celle de Bouchard-Taylor, dans le terrorisme médiatique qui se fait autour des questions d’identité, de culture et d’histoire. À une échelle plus petite, et néanmoins réelle, nous avons pu la repérer dans la récente polémique sur “l’oeuvre” d’art contemporain à l’île-des-Soeurs. Plus le temps passe, moins il devient possible d’échapper à l’extension coercitive du système, qui se déploie sur tous les fronts, du champ symbolique au champ pratique. Exemples parmi d’autre, les fermetures de rue pour les festivals, les journées sans ma voiture et autres événements de “sensibilisation” au “vivre-ensemble” écologique, s’ils pouvaient susciter la moquerie polie il y a quelques années, sont aujourd’hui reçus comme autant d’offensives réglementaires d’un pouvoir de coercition. Avez-vous essayé de circuler en voiture à Montréal ces derniers mois ? C’est infernal. Le champ pratique de la vie se voit bloqué au-delà du raisonnable, à un point tel qu’on peut dire que les seules personnes qui seront acceptées à Expérience Montréal seront celles qui auront montré patte blanche aux nouveaux juges de la néo-city. La violence des cyclistes, par exemple, est un phénomène significatif du nouveau monde qui se construit. Les cyclistes ont l’attitude de ceux qui se croient dans le sens de l’Histoire, n’hésitant pas à rejeter dans les limbes de l’existence les “réactionnaires” qui se dresseraient sur leur chemin. Leurs incivilités ne sont pas inspirées seulement pas une humeur passagère, mais par un nouvel d’état d’esprit permanent. Même violence, plus symbolique cette fois, dans la condescendance rééducatrice des commis d’épicerie, qui font semblant de ne pas voir que vous n’avez pas de sac pour transporter vos achats, puis feignant la surprise lorsque vous leur en demandez un : “ah ! vous avez besoin d’un sac…” C’est donc carrément la socialité en soi, la possibilité de “vivre ensemble” autrement que selon une doctrine, qui se voit ainsi compromise. J’ai beau me forcer, mais je peine à imaginer la somme de mépris et d’obstination qu’il faut à un individu pour ennuyer, de façon aussi systématique, la personne qu’il a devant lui, sous prétexte qu’elle ne serait pas assez alignée à son goût sur sa doctrine personnelle. Le type a une quinzaine d’aliments devant lui, il a les mains dans les poches et il attend. C’est certain qu’il a besoin d’un sac. Il est tout aussi certain que ce n’est pas en ce moment précis, dans cet acte isolé, que va se régler le destin de l’humanité, de la même manière que ce n’est pas en refusant de céder le passage sur un boulevard à 50 km/h, qu’un cycliste réussira à convertir de force tous ceux qui ne partagent pas sa nouvelle religion. Qu’importe qui a raison dans l’absolu (si jamais cela est possible), ces comportements sont inutilement hostiles et ne sauraient engendrer autre chose que méchancetés par-dessus méchancetés. Ils distillent un poison qui entame le substrat culturel essentiel à la vie en commun, en particulier si celle-ci est métropolitaine. Ces co-citoyens acharnés ne ressentent-ils pas une fatigue, une vacuité quelconque à aligner les réactions désagréables ? Que l’on continue ainsi encore dix ans, la vie deviendra insupportable, et les écolo-citadins se promèneront dans les rues la rage au coeur, avec l’envie de sauter à la gorge de quiconque aurait une attitude en porte-à-faux du système. Dans le contexte d’implosion qui est le nôtre, nous avons le temps de nous entretuer et de nous suicider dix fois avant que la planète ne montre le moindre signe d’explosion. C’est ce que ne veulent pas comprendre les écologistes doctrinaires, des obsédés de la nature qui n’entendent rien à la nature humaine et aux conditions de sa survie. Ils disent oeuvrer pour le bien collectif de l’humanité, mais sont pourtant incapables d’aimer les gens en eux-mêmes. Eschatologues fanatiques, ils gaspillent, entachent et avilissent la moindre seconde de liberté et d’altérité qui se présente à eux, au nom d’un horizon rédempteur sublime.

Les grandes villes ont pu incarner, un temps, un certain raffinement civilisationnel, en ce sens que c’était là et nulle part ailleurs que se jouaient les grands destins individuels et collectifs ; qu’étaient produites les plus grandes innovations artistiques et scientifiques ; et que se modelait, se perfectionnait de génération en génération, un certain savoir-vivre, une certaine idée de l’urbanité civilisée. Mais aujourd’hui, sérieusement ? En 2009 ? Comment penser la même chose, alors que les nouvelles élites, qui se voient comme les dépositaires de la pensée esthétiquement correcte, n’en ont que pour le “Quartier des spectacles”, les “festivals”, “l’art contemporain”, le “branding”, le “design”, les “idées créatives” (BIXI/Vélib’, Paris-Plage, la bouffe de rue…)  et autres indispensables apports de la Western Experience ? La civilisation disparue, le “raffinement civilisationnel” de la ville ne peut déboucher que sur une sophistication de pacotille, d’ailleurs caricaturale à force de se mouvoir dans un vide sans ressort culturel réel. C’est pourquoi les co-citoyens d’Expérience Montréal sont les plus zélés dans la défense de ce qu’ils appellent la “culture”, façon comme une autre d’en monopoliser le sens et de se protéger d’un diagnostic lucide de leur condition. Je suis désolé, mais il y a infiniment plus de culture dans un père de famille ordinaire, doté d’un sens des responsabilités et de l’héritage, que dans le premier artiste-Pampers venu qui s’imagine réinventer l’histoire de l’art parce qu’il se sert d’enfants pour expérimenter de “nouvelles dynamiques sociales”. Ce n’est pas être populiste que de dire cela. Il faut sortir des catégories convenues sur la question de la culture et de sa réception, et embrasser une vue plus large pour comprendre où nous en sommes et où nous allons. Le père de famille ordinaire est peut-être trop ordinaire au goût de nos publiélites, mais au moins son existence ne compromet pas la pensée, la liberté d’esprit, le respect de l’écrit. En outre, il colporte en lui une part de “petite dignité”, de “devoir moral” invisible, que méprisent à tort les zélotes des néo-cities, toute cité digne de ce nom n’étant pas envisageable sans ces modestes mais nécessaires qualités chez les individus qui la composent.  ”Homme gris” parmi les “hommes gris”, il ne revendique aucune originalité, aucune “remise en question” subversive ; absence de qualités modernitaires qui a suffi à certains petits salauds du showbiz pour le présenter comme un nazi refoulé (je pense au sketch imbécile de RBO sur le “nazisme” des gens d’Hérouxville et des électeurs de l’ADQ). Il me semble pourtant que des hommes ordinaires, au goût “petit bourgeois”, qui n’aiment guère l’art abstrait et la modernité publicitaire, il n’y avait que ça sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944. Des plombiers petit-bourgeois, des instituteurs tranquilles, des garagistes machos, des manoeuvres ordinaires et autres “hommes gris” peu prisés des milieux sophistiqués : par milliers, ils ont débarqué courageusement pour sauver la civilisation occidentale de la barbarie nazie. À voir la gueule des soldats qui reviennent morts d’Afghanistan, face aux talibans, on ne peut pas dire que le topo a bien changé. Ce sont toujours les mêmes qui vont au front et toujours les mêmes qui restent planqués pour mieux se moquer, pour mieux avilir. Je ne suggère pas par là que les intellectuels ou les “artistes” doivent aller au front pour “prouver” quelque chose, bien au contraire. Je dis seulement qu’il y a une limite à l’ingratitude et à la mauvaise foi, et que fantasmer l’homme blanc occidental de moyenne condition en une menace nazie permanente, comme le fait la majorité des écrivaillons modernitaires, outre d’être profondément honteux, est délirant au regard de l’Histoire.

Le jugement des acteurs du système ne relève plus d’une raison personnelle et autonome, mais d’un prêt-à-penser qui désigne l’ennemi d’emblée, sans réfléchir. Et l’ennemi, c’est celui qui n’est pas reconnu par la machine ; celui qui ne l’a pas intégré. C’est surtout celui que l’on peut cogner, les yeux bandés, sans avoir à craindre les foudres du système. De fait, les co-citoyens et les co-apparatchiks d’Expérience Montréal ne s’en privent pas ; tout leur dispositif de représentation est fondé sur la ringardisation d’une majorité de la population, concentrée à l’extérieur de la métropole. Les “beaufs”. Les “cous bleus”. Les “red necks”. Qui est ringard et qui ne l’est pas ? Voilà la seule question qui distingue désormais les “gens bien” des “gens mauvais”. C’est dire combien les élites urbaines ont perdu le sens proprement anthropologique de la culture, et qu’elles ne sont plus les gardiennes de quoi que ce soit, si ce n’est leur portefeuille et leur condo. On peut construire quelque chose sur le roc du bon sens, du devoir moral de l’homme ordinaire, mais on ne peut rien construire sur les ruines complaisantes de l’artiste publicitaire. Cela ne suffit pas à faire des hommes ordinaires des gens extraordinaires, mais cela suffit à nous rappeler que le rapport à la culture le plus précieux ne se retrouve pas forcément chez ceux qui s’en réclament d’office.

La civilisation et la décence ont quitté la ville. Partout en Occident, les derniers résistants, les derniers hommes libres se concentreront dans les régions profondes du pays, à l’écart des zones spectrifiées des néo-cities.

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PROCHAIN ÉDITORIAL : samedi le 3 octobre 2009.