Apparatchiks


Fleurs

Dans un précédent billet, j’évoquais l’horizon fantasmatique des éditorialistes de La Presse, qui se résume — au contraire de ce que prétendent des nationalistes un peu trop mythomanes — non pas à “Gesca” mais à la côte est américaine : Sex and the City, New Yorker, Vanity Fair… Les lectures du dimanche devant un latte, après être allé dépenser une centaine de dollars à La presse internationale, est un nouveau marqueur de différenciation sociale. Les éditorialistes de La Presse sont une caricature de ces nouvelles élites bancales, déracinées, incapables de décoder la réalité occidentale à partir de leur société, et toujours promptes à recevoir sans questionnement, la bouche ouverte, les yeux extasiés, le moindre commentaire de l’étranger sur leur propre pays.

J’en parlais hier dans un billet, Richard Hétu, sur son blogue, a fait référence à un article d’un historien américain sur le supposé “héritage” de Champlain à titre de porte-parole d’un pluralisme avant la lettre. Cet article, d’une extraordinaire médiocrité, a été néanmoins publié dans le New York Times, ce qui équivaut bien sûr, pour nos provinciaux de La Presse, à se placer sous la protection de la Grâce.

Mario Roy écrit :

Le prestigieux New York Times publie un texte d’opinion étonnant, littéralement à la gloire de Samuel de Champlain.

Il est signé d’un professeur d’histoire américain, David Hackett Fischer, qui prépare d’ailleurs un ouvrage sur Champlain.

Il rappelle que celui-ci est né a grandi en pleine guerre de religions, en France, une longue suite d’événements qui y aurait fait entre 2 et 4 millions de morts (sur une population de 19 millions d’habitants. Champlain y a appris l’ouverture et la tolérance. Ce qu’il devait plus tard appliquer ici dans ses relations avec les peuples autochtones -et il est exact que, dans la région de Québec, ces relations ont toujours été bonnes.

Les citoyens de l’Amérique du Nord “sont les héritiers de deux grandes idées, celles de Thomas Jefferson et de Samuel de Champlain”, écrit l’auteur.

Ce n’est pas rien, tout de même.

L’historien américain était déjà assez médiocre par son propre texte, en convoquant Champlain pour accommoder historiquement ses a prioris intellectuels, mais Mario Roy l’est encore plus en s’en faisant le relais sans examen critique.

Le prestigieux New Yorker ou le prestigieux Washington Post pourrait publier un texte qui ramènerait René Lévesque à une figure tutélaire du pluralisme, ou qui dirait tout simplement que la terre est carrée et que le rouge est bleu, que les éditorialistes de La Presse s’extasieraient.

Pauvres minables.

Sherbrooke

Vous voulez passer votre vie à ne pas penser et à appliquer le Programme du régime ? Il y a maintenant des doctorats pour ça.

Gay pride

Remarquez la dernière ligne : les syndicats défilent désormais à la Gay Pride. Cela s’accorde bien d’ailleurs avec le thème sur la discrimination à l’école (syndiquée) ; c’est donc le signe que le lobby homosexuel a réussi son coup de force, et qu’il oriente l’État plus que ne le fait la souveraineté populaire. Le lobby homosexuel n’est en réalité qu’une partie du macro-lobby “pro-diversité”, qui regroupe également les lobbys ethniques victimaires, les deux fondant leurs revendications sur un projet d’indifférenciation anthropologique radicale.

L’enrôlement des syndicats dans la “lutte pour la différence” signe la métamorphose de l’un des derniers grands morceaux du complexe post-marxiste. Le prolétaire n’est décidément plus l’ouvrier, mais l’immigré et/ou l’homosexuel, les deux représentant le métissage radieux qu’il s’agit d’opposer à une uniformité fantasmée du corps civilisationnel occidental. Les syndicats, qui avaient trouvé un équilibre sensé dans les années soixante-dix et quatre-vingt, retombent dans des penchants révolutionnaires au détriment des intérêts réels de leurs membres.

On savait le lobby homosexuel très bien implanté dans l’État, et pas seulement au ministère de l’Éducation. Mais dans les syndicats ?

Ce qui vaut pour la France vaut aussi pour le Québec. Ici aussi le lobby homosexuel a depuis longtemps développé son réseau d’influence au sein de l’État québécois, mais à ma connaissance les syndicats restaient en marge. Plus maintenant. Parmi les partenaires de la Journée internationale contre “l’homophobie” (sic) du 17 mai dernier, les principaux syndicats québécois, la CSQ, le SCFP, le SFPQ, la CSN et la FTQ, s’affichaient aux côtés du Ministère de la Justice du Québec, du journal Le Devoir, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et de la Ville de Montréal.

Pour ceux qui sont familiers de l’actualité européenne, et pour peu qu’ils suivent de près les courants politiques en jeu, le Parlement européen de Strasbourg apparaît comme l’exemple le plus monstrueux, le plus abject et le plus scandaleux de la corruption des élites actuellement en cours partout en Occident.

Il est bien entendu parfaitement inutile de s’en remettre aux journalistes québécois pour bénéficier d’une couverture critique du déploiement technocratique incessant de la Commission européenne dans la vie des peuples. Ils sont si dociles ! L’Europe demeure une référence intimidante pour la majorité d’entre eux, alors même que ce continent est en proie à une guerre civile latente qui devrait les interpeller de toute urgence. Mais non. C’était comme si le positionnement nord-américain du Québec n’avait aucune signification géopolitique. À l’instar du Québec déhistoricisé, l’Europe est une destination touristique ; il importe d’abord de ne pas être critique, et de rester candidat pour d’éventuels voyages toutes dépenses payées par les fonds publics.

Pour prendre un exemple récent, la Fédération des journalistes du Québec relayait innocemment, dans sa lettre d’information hebdomadaire datée du 5 juin, un appel de collaboration de la Commission européenne pour une étude sur la “diversité dans les médias.

Cet appel était destiné à tous les journalistes et les représentants des médias qui ont été à l’origine, dans les cinq dernières années, de “bonnes pratiques ayant réussi à faire reculer la discrimination et à promouvoir la diversité, dans le paysage audiovisuel, la presse et les publications en ligne, dans le cadre du recrutement et de la représentation dans des sujets factuels“.

Je vous rappelle que transformer les médias en agents de propagande de la “diversité” était également le désir le plus cher de Maryse Potvin, une chercheuse de l’UQAM sollicitée dans le cadre de la Commission Bouchard-Taylor. À ma connaissance, le scandaleux rapport Potvin, qui recommandait ni plus ni moins la censure et le contrôle des médias par l’État, n’a toujours pas été désavoué par les co-commissaires.

Extrait du rapport Potvin, p. 213 :

Sur des questions qui affectent directement la « cohésion sociale » et la dignité des personnes, des sanctions beaucoup plus sévères envers certains médias aux couvertures négatives, ou envers certains journalistes, comme l’interdiction de publier ou de diffuser pendant un certain nombre de jours, devraient être envisagées ou renforcées par le Conseil de Presse ou le CRTC, dont le pouvoir de réglementation est beaucoup plus important.

Par “cohésion sociale”, il faut entendre “cohésion doctrinale” — l’idéologie inter/multiculturaliste (ou l’idéologie “pro-diversité”) étant désormais le pôle de référence de la vie collective souhaité par nos élites, au détriment de la référence nationale privilégiée par la souveraineté populaire. Quant à la ”dignité des personnes”, il faut comprendre que l’idéologie anti-discrimination devra orienter — y compris dans le discours médiatique — la représentation des rapports sociaux.

On voit donc que la Commission européenne, avec ses fabuleux moyens technocratiques, figure en quelque sorte le rêve réalisé de nos élites techno-progressistes. D’où l’absence complète de critique.

Pourtant, la Commission a avalisé plusieurs projets législatifs d’un zèle ahurissant sur la délimitation de la liberté d’expression. Elle s’est notamment penchée de près sur les médias électroniques, plus précisément sur les blogues, qu’elle voudrait inféoder à quelque statut juridique permanent et à un ombudsman “éthique”. Que des plumes libres se servent d’Internet pour ne pas promouvoir la diversité, et pour au contraire en critiquer l’idéologue sous-jacente, voilà sans doute qui est inacceptable aux yeux des élites corrompues de Bruxelles et de Strasbourg.

Le portrait est très simple à comprendre, et il est à peu de chose près le même partout en Occident : d’un côté, des élites retranchées dans leurs tours de verre, occupées à recycler l’utopie socialiste en utopie inter/multiculturelle, et de l’autre les gens du peuple, cobayes d’une expérience morbide de reconfiguration anthropologique qu’ils n’ont jamais souhaitée, et encore moins demandée.

Toilettes

Grave question. Évidemment, on pourrait s’étonner que de pareilles insignifiances soient soulevées, reprises, discutées et finalement légitimées au plus haut niveau éditorial du “plus grand quotidien de langue française d’Amérique”. On pourrait.

Il faudra bien, un jour, que L’I. C. publie une Psychosociologie de l’équipe éditoriale de La Presse. Mais je crains fort qu’une telle oeuvre ne puisse être écrite que sous la forme du roman. Seul le roman en effet peut rendre compte d’un ridicule aussi versatile.

Voyez-vous, pour comprendre quelque chose à La Presse, inutile de se transformer en nationaliste hallucinatoire et de voir en Gesca l’incontournable deus ex machina du récit national avorté. Inutile d’imaginer des complots — bien que, de toute évidence, La Presse soit idéologiquement très marquée. C’est beaucoup plus simple que cela.

Quand vous pensez “équipe éditoriale de La Presse”, pensez New York Times, côte est américaine, Sex and the City, restos branchés, cocktails compliqués, coterie artistique du parti démocrate, etc. C’est là et nulle part ailleurs que se situent nos cocos de La Presse. Imaginez-les à Saint-Lambert, au café chic du coin, à l’ombre de leur VUS, en train d’écumer le New York Times, le Washington Post, tout en regardant d’un oeil distrait, sur leur MacBook, la dernière édition de Salon Magazine. C’est Marie-Claude Lortie étudiant Maureen Dowd, Lysiane Gagnon lisant de près Thomas Friedman… Pour eux, c’est dans ce giron de l’élite du nord-est qu’il s’agit de s’inscrire. Décadents et pour cette raison un brin sophistiqués, dépositaires d’un “progressisme éclairé” à la Christopher Hitchens, anti-religieux et pro-Gay Pride, ils se moquent à la fois de la gauche et de la droite. Par le génie du conformisme subversif, ils occupent le terrain du centre médiatique et paralysent toute éclosion de débat, empêchent toute velléité d’affrontement créateur, tout en se posant bien entendu comme instance de normalisation/moralisation.

Dans un pareil univers, n’est-ce pas, il est absolument vital d’avoir une éditorialiste féministe dans son équipe. C’est une question de marketing social.

Marketing. Business as usual. Rien d’autre.

Certes, on pourrait croire que La Presse prend ainsi ses lecteurs pour des cons. Mais n’est-ce pas le propre du marketing que de prendre ses cibles pour des cons ?

*
À lire également :
La nullité féministe révélée, L’Intelligence conséquente, 13 juin 2008 ;
L’éditorialiste Nathalie Collard : le “fist pump” d’Obama annonce une nouvelle ère, L’I. C., 15 juin 2008 ;
Journalisme féministe : le divertissement se poursuit, L’I. C., 26 juin 2008 

Mali Ilse Paquin rend compte aujourd’hui d’une nouvelle mesure de “la” ministre pour la Femme et l’Égalité (!) britannique, Harriet Harman, qui impose aux patrons de privilégier les candidats de sexe féminin ou d’une minorité ethnique pour les postes à pourvoir. Mme Harman, nous dit-on, serait tourmentée par le fantasme numéro un des féministes : le fameux “boy’s club”, qui partout dans la ville tirerait les ficelles, maintenant les femmes dans une infériorité systémique humiliante.

La bonne Mali Ilse, souhaitant une lutte plus efficace au machisme systémique, propose plutôt d’obliger les entreprises cotées à la bourse de recruter 40% de femmes sur leur conseil d’administration.

Je lis souvent des âneries sous la plume des féministes, mais là, bravo : 40% de femmes dans les C. A., pour la simple raison que les femmes seraient “opprimées” (ce qui est faux), il faut le faire. Quand on est prêt à sacrifier la liberté d’entreprise de la sorte, c’est qu’on est sans doute très bien disposé à sacrifier la liberté de pensée et d’expression.

Une chose à préciser à propos de la supposée “inéquité salariale” : si les femmes — globalement — font moins d’argent que les hommes, c’est tout simplement parce qu’une partie d’entre elles travaillent à temps partiel, soit par choix, soit par obligation, parce qu’elles ont une famille et des enfants. Certaines d’entre elles, en tombant enceintes, freinent forcément l’essor de leur carrière, ce qui est parfaitement normal. Ce sont les aléas de la vie. On ne peut pas exiger de la Société toute entière qu’elle cesse de fonctionner sous prétexte que madame est tombée enceinte et qu’elle ne veut pas être “pénalisée”. Ce genre de raisonnement victimaire est obscène ; l’écho favorable que celui-ci rencontre dans la société ne l’est pas moins.

Le mythe de “l’inéquité salariale” cherche à entretenir la fibre victimaire des femmes — source de jouissance — au détriment de la vérité des faits. Pensez-vous vraiment qu’en 2008, une femme qui convoite le même emploi qu’un homme obtiendra un salaire moindre simplement parce qu’elle est une femme ? Bien sûr que non. Même que, en raison d’une oppression théorique, abstraite et éthérée, elle passera avant l’homme, justement parce qu’elle est une femme. “L’inéquité salariale” est une mystification statistique qui sert un lobby en particulier. “L’égalité” vertueuse des féministes n’a pas d’autre source que la haine des individualités et de l’excellence.

La foule des médiocres cherchera toujours un moyen d’arracher à l’État et à la Société un moyen d’assouvir son ressentiment. C’est la seule occupation, la seule mission des esprits mesquins. “L’inéquité salariale” n’est qu’un outil de plus dans leur arsenal, un sujet parmi d’autres que les idiots utiles ne demandent qu’à reprendre dans leur feuille de chou journalistique.

Le féminisme !… Combien de femmes n’auraient pas pu avoir de carrière sans cette idéologie de secours ? Combien de vocations usurpées, de postes volés, de mises à mort sociales expédiées ? Combien ?

Voilà qui, pour une fois, ferait un reportage intéressant dans La Presse.

 

Psychiatrie

Nos apparatchiks chéris nous l’ont assez dit : les accommodements, l’immigration, l’altérité, tout ça c’est extrêmement compliqué et ne devrait pas être laissé entre les mains disgracieuses des gens du peuple. Il y a des intellectuels-experts pour s’occuper de ces questions. Des mauvaises langues soutiennent qu’à l’époque de la Grande Noirceur, des Québécois auraient accueilli des étrangers sans l’intermédiaire d’intellectuels-experts de quelque nature que ce soit ; l’autochtone et “l’Autre” se seraient adressés la parole sans Charte des droits, par le simple recours au sens commun ; on dit même qu’il y aurait eu, avec ce procédé, construction d’une “nation québécoise”. Heureusement, grâce aux travaux de nos intellectuels-experts, on sait — nous les petits futés du XXIe siècle – que c’est faux. La nation québécoise est une construction ethnocentrique et exclusive, qui fait violence aux groupes minoritaires, à des fins d’hégémonie culturelle et politique. Pis, la nation québécoise serait la création mégalomane d’une majorité canadienne-française atteinte d’un mal atavique d’insécurité identitaire, qui aurait profité d’une certaine surenchère médiatique pour se fantasmer en tant que minorité persécutée par d’autres minorités, créant ainsi les conditions parfaites d’un “très grand dérapage” (dixit Gérard Bouchard). D’où la nécessité qu’il y aurait, d’une part, de censurer et de contrôler les médias (cf. le rapport sur les médias de Maryse Potvin, commenté par Lysiane Gagnon) ; et d’autre part, d’augmenter considérablement les budgets des organismes gouvernementaux et para-gouvermentaux de la “lutte contre l’intolérance”, que l’on sait indispensables à toute une piétaille universitaire en recherche d’emploi.

Bouchard, qui nous vient des sciences sociales, était accompagné de Taylor, un philosophe moitié-mystique, moitié-multiculturaliste. Deux spécialistes donc. Qui ont fait appel à d’autres spécialistes, à d’autres experts “scientifiques”, lesquels ont accumulé à leur tour études, rapports, statistiques, baromètres. On notait néanmoins dans ce merveilleux regroupement savant de très notables absents, et pas des moindres : les psychiatres. Où étaient-ils ? Qu’avait-on fait des psychiatres ? Leur avait-on refilé des contrats en douce, sous le manteau, de peur que leur participation à la Commission fasse scandale ? Craignait-on de donner ainsi des airs par trop ”socialisme scientifique” à une entreprise qui ne relevait, après tout, que de l’honorable enquête progressiste ?

Quoi qu’il en soit, une psychiatre vient d’apparaître dans le débat public sur la question des “accommodements raisonnables”. Elle nous parle du “deuil”, du “dialogue”, de la “violence faite aux communautés caribéennes et philippines, qui ne comprennent pas pourquoi elles devraient envoyer leurs enfants à l’école française”. Comme sous la loupe relativiste et savante de Bouchard-Taylor, la signification politique de la cité disparaît au profit d’une thérapeutique sociale intégrale, qui ramène tous les rapports humains à une dimension humanitaire et psychologisante. De fait, la définition de la nouvelle doctrine sociale qu’il s’agirait d’adopter rejoint en tout point le fameux “interculturalisme” d’un Bouchard :

Il ne s’agit plus, selon elle, que les “lois du vivre ensemble” soient dictées par l’un ou l’autre. Cécile Rousseau préfère parler des responsabilités respectives dans l’établissement d’un équilibre social nouveau, qui doit se bâtir sur les acquis de chacun.

C’est somme toute plutôt rassurant que le point de vue d’une psychiatre soit parfaitement aligné sur celui de l’apparatchik Bouchard. Rassurant que les intellectuels-experts aient des psychiatres comme ça, à portée de main, pour venir corroborer leurs postulats auprès des sceptiques.

Ma question : maintenant que nous avons eu un spécialiste de la “génétique des populations” (Bouchard) à la tête d’une commission gouvernementale, ainsi qu’une psychiatre que Radio-Canada interroge à titre de “scientifique social” sur une question politique, que devons-nous appréhender pour le futur ? Un neurochirurgien ? Et pourquoi pas ?

Pourquoi pas un neurochirurgien qui donnerait ses premiers avis sur la question ? Tant qu’à faire dans la science, pourquoi se gêner ? La neurochirurgie peut certainement nous aider à accélérer la “rencontre” des communautés culturelles sur le territoire québécois. À mieux nous comprendre.

Dans les sociétés métissées, dit la psychiatre, le malaise de la rencontre avec l’autre fait partie d’un enrichissement social.

Après les esprits, ne faudrait-il pas, maintenant, graver cette “vérité” directement dans les cervelles ? Juste au cas.

On n’est jamais trop prudent.

Michel Lapierre, dans Le Devoir, recense ce matin l’ouvrage du militant Francis Dupuis-Déri et de Mélissa Blais, Le mouvement masculiniste au Québec. Il écrit :

Ces deux spécialistes des sciences sociales, leurs huit collaboratrices et Mathieu Jobin, leur collaborateur, ont su pulvériser, avec beaucoup d’objectivité, l’apparence libératrice et progressiste d’un courant, en réalité, on ne peut plus réactionnaire.

Réactionnaire, le “masculinisme” ? Il me semble pourtant que les “masculinistes” ne font que reprendre la rhétorique victimo-progressiste mise de l’avant par les “féministes” : ils ne désirent pas l’abolition pure et simple du Conseil du statut de la femme et de la Charte des droits, mais un nouveau Conseil, cette fois centré sur la “condition masculine”. Les plus “modérés” proposent un “Conseil de l’égalité” qui regrouperait les lobbys “féministe” et “masculiniste”. Dans tous les cas, ils veulent, à l’instar de leurs comparses, un financement de l’État pour mener des guerres juridiques, et ne dédaigneraient pas séduire quelques idéologues universitaires pour créer un “Institut d’études masculinistes”. Les “masculinistes” acceptent volontiers le mariage dé/re-composé, en autant que soit préservée, au regard des tribunaux, l’égalité victimaire de leur condition de parent négociateur. Les “masculinistes”, comme les “féministes”, se réclament du progrès et de la lutte anti-discriminatoire. Ils se situent à l’avant-garde de l’égalitarisme…

C’est leur possession que revendiquent les hommes, et non leur charge matérielle…“, disent Dupuis-Déri et Blais, citant une essayiste française, Colette Guillaumin. Lapierre sursaute, en proie à une illumination :

Possession, voilà le mot clé. À lui seul, il définit le masculinisme en le situant dans l’orbite des conservateurs qui ont, depuis quelques décennies, marqué l’Occident. Posséder les êtres et les choses pour qu’ils ne changent pas, c’est bien le rêve des vieux petits garçons.

Pauvre Lapierre. On se demande bien au juste de quoi il parle. On cherche en vain, au Québec, ces conservateurs réactionnaires “profondément marquants” qui ont freiné l’essor du Progrès et empêché la course à “l’avenir radieux”. Des gauchistes, des progressistes, des égalitaristes, il n’y a que ça partout au Québec depuis quarante ans, et à tous les échelons de l’administration publique, des universités, du Parlement, des médias de masse… Ces grands “subversifs” incarnant à eux seuls un Ordre Établi qu’ils ont le comique, selon la conjoncture de leurs intérêts stratégiques, de revendiquer comme un adversaire omnipotent qui leur serait extérieur…

Si les “masculinistes” sont détestés par leurs jumeaux “féministes”, c’est tout simplement parce que ces nouveaux petits frères du progressisme sont des frères bâtards, laids et indésirables, dont la présence annonce un durcissement de la concurrence sur le marché victimaire et idéologique de l’État techno-progressiste.

Les petits garçons féministes au pouvoir ne veulent pas se faire voler leur joujou par les fillettes masculinistes. N’est-ce pas ce que nous dit, malgré lui, l’impétueux Michel Lapierre ?

Conserver acquis et privilèges, tel est le programme un peu étrange que se sont fixés nos progressistes, des gens admirables qui, paraît-il, ont “lutté” toute leur vie contre les “bourgeois” possédants.

Le paradoxe, à défaut d’être souligné à pleines pages dans le grand quotidien de la Subversion, méritait à tout le moins de l’être sur L’Intelligence conséquente, le blogue de l’Ordre Établi.

Diversite

Vous êtes président d’une compagnie dont les employés sont presque tous en burn-out ? On vous a dit qu’il fallait animer la place en engageant des “artistes” ?

Vous êtes directeur d’un festival ? D’un événement quelconque ?

Ne perdez pas de temps à chercher à droite et à gauche. Voici enfin un guide où les artistes hétérosexuels de race blanche sont absents, et où l’on passe directement à l’essentiel : la Différence. Voici enfin un guide qui nous dit à qui distribuer les contrats.

L’État a financé cela, juste pour vous. Avec vos taxes et vos impôts. Pourquoi ne pas en profiter ?

SUIVEZ LE GUIDE.

Fist

Après Nathalie Petrowski, qui délirait hier sur Obama, voici Nathalie Collard aujourd’hui sur le “blogue de l’édito” qui en rajoute une couche.

Est-ce que ces dames sont des journalistes ou des groupies ? Il s’agirait seulement d’éclaircir ce point. Car il me semble que, concernant Obama, le délire est encore plus marqué chez les femmes que chez les hommes, les femmes percevant en lui une sorte de rock star onusienne. Et l’on sait le pouvoir du rock sur les femmes…

Si Nathalie Collard est une groupie, j’exige qu’elle apparaisse désormais en soutien-gorge, photo grand format, dans chacun de ses “éditoriaux” de La Presse. Ce serait un minimum. Le Code de déontologie du Conseil de presse peut bien aller se faire foutre…

Next Page »