juillet 4, 2008
Dans un précédent billet, j’évoquais l’horizon fantasmatique des éditorialistes de La Presse, qui se résume — au contraire de ce que prétendent des nationalistes un peu trop mythomanes — non pas à “Gesca” mais à la côte est américaine : Sex and the City, New Yorker, Vanity Fair… Les lectures du dimanche devant un latte, après être allé dépenser une centaine de dollars à La presse internationale, est un nouveau marqueur de différenciation sociale. Les éditorialistes de La Presse sont une caricature de ces nouvelles élites bancales, déracinées, incapables de décoder la réalité occidentale à partir de leur société, et toujours promptes à recevoir sans questionnement, la bouche ouverte, les yeux extasiés, le moindre commentaire de l’étranger sur leur propre pays.
J’en parlais hier dans un billet, Richard Hétu, sur son blogue, a fait référence à un article d’un historien américain sur le supposé “héritage” de Champlain à titre de porte-parole d’un pluralisme avant la lettre. Cet article, d’une extraordinaire médiocrité, a été néanmoins publié dans le New York Times, ce qui équivaut bien sûr, pour nos provinciaux de La Presse, à se placer sous la protection de la Grâce.
Mario Roy écrit :
Le prestigieux New York Times publie un texte d’opinion étonnant, littéralement à la gloire de Samuel de Champlain.
Il est signé d’un professeur d’histoire américain, David Hackett Fischer, qui prépare d’ailleurs un ouvrage sur Champlain.
Il rappelle que celui-ci est né a grandi en pleine guerre de religions, en France, une longue suite d’événements qui y aurait fait entre 2 et 4 millions de morts (sur une population de 19 millions d’habitants. Champlain y a appris l’ouverture et la tolérance. Ce qu’il devait plus tard appliquer ici dans ses relations avec les peuples autochtones -et il est exact que, dans la région de Québec, ces relations ont toujours été bonnes.
Les citoyens de l’Amérique du Nord “sont les héritiers de deux grandes idées, celles de Thomas Jefferson et de Samuel de Champlain”, écrit l’auteur.
Ce n’est pas rien, tout de même.
L’historien américain était déjà assez médiocre par son propre texte, en convoquant Champlain pour accommoder historiquement ses a prioris intellectuels, mais Mario Roy l’est encore plus en s’en faisant le relais sans examen critique.
Le prestigieux New Yorker ou le prestigieux Washington Post pourrait publier un texte qui ramènerait René Lévesque à une figure tutélaire du pluralisme, ou qui dirait tout simplement que la terre est carrée et que le rouge est bleu, que les éditorialistes de La Presse s’extasieraient.
Pauvres minables.






