Propagande culturelle


Carte postale

Strasbourg et l’avenir européen :

Fin des ressentiments identitaires :

Rap, lobbys victimaires, allocations d’État, flânage urbain, idéologie immigrationniste, radicalisme éthique onusien : l’avenir européen. Symbole de réconciliation, de construction. Fin des ressentiments identitaires.

À lire également sur L’I. C. :
Le Parlement européen : l’exemple à ne pas suivre” (28 juin 2008)
L’Union européenne ou le contournement des peuples” (28 juin 2008)

Espace

La dilution de la “culture” dans le “tout-culturel”, l’une des métamorphoses les plus fascinantes de notre époque, est aussi l’une des moins commentées. Et pourtant ! De quel plaisir inouï les “commentateurs” se privent-ils ! La lecture des “chroniques culturelles”, des communiqués de presse des festivals, des oeuvres subventionnées, pour moi c’est du BONBON ; je ne peux tout simplement pas passer toute une fin de semaine sans avoir lu les cahiers culturels du Devoir et de La Presse. Chaque fois c’est la même propagande à faire dresser les cheveux sur la tête, la même vanité, la même mise en scène des faux talents et des fausses originalités, la même célébration puérile et prépubère des bonnes intentions.

Espace Culture a un but : faire le Bien. On pourra me dire, certes avec raison, et non sans une ironie cinglante, que les grands génies de l’art n’ont jamais eu pour préoccupation première de faire le Bien, mais ce serait passer complètement à côté des objectifs d’Espace Culture. Céline, Picasso, Cervantès, Proust, Balzac, tous ces artistes immenses qui se sont faits persécuter d’une façon ou d’une autre par la société de leur époque sont exclus de facto du projet global d’Espace Culture.

Voyez-vous, Espace Culture c’est la beauté déboulonnée des masses démocratiques, la beauté produite en série par la chaîne de montage du tout-culturel ministériel. Dans ce contexte, Céline, Picasso, Cervantès, Proust et Balzac sont bons tout au plus à être récupérés dans la confection de sacs thématiques chez Renaud-Bray, ou pour mettre en valeur telle ou telle place publique qui aurait été évoquée dans leur oeuvre. Pour Espace Culture, l’individualité humiliante du génie doit à tout prix, pour que soit possible l’avènement de la “culture pour tous”, être ramenée à un motif décoratif, à un topos esthétisant et mielleux.

Espace Culture ne divise pas, ne sépare pas, n’inhibe pas. Espace Culture dit aux foules ce que les foules veulent entendre : qu’il est du plus haut intérêt esthétique et moral qu’elles passent l’essentiel de leur temps à visiter festivals, “installations”, parades, jongleries et autres purs bonheurs de la néo-société festive. Pour accentuer cette osmose forcée, Espace Culture n’hésite pas à “occuper” l’espace de la vie civique, sous prétexte “d’embellir” l’environnement et de favoriser la “compréhension mutuelle” des citoyens.

Par exemple, outre le projet évoqué dans l’extrait ci-haut, la Fonderie Darling a donné son aval à un second projet, intitulé Ombre de Ville 2, qui “applique le concept de mur végétal développé en écologie urbaine“. Des espèces différentes de plantes garnissent donc “des casiers d’aluminium, édifiant le long du mur un damier rafraîchissant“. L’opération, bien sûr, “s’étend jusque dans la rue avec des bacs donnant à croître d’autres végétaux“.

Dans la rue, c’est-à-dire là où les “citoyens” vivent. Cette nouvelle oeuvre d’Espace Culture n’est-elle pas commanditée en partie par le Jour de la Terre ? Elle aurait donc été conçue pour entraîner des “retombées environnementales, écologiques, sociales et économiques” — on reconnaît ici le jargon managérial propre à séduire les jurys subventionnaires. “Dans ce quartier où le béton règne en maître, explique Le Devoir, les composantes végétales ont notamment un impact positif sur la température et la qualité de l’air. Le projet engendre donc des avantages directs pour les résidants.” Imagine-t-on Balzac, dans un avant-propos aux Illusions perdues, arguer que son oeuvre ne peut avoir qu’un impact positif sur la santé psychologique de ses lecteurs ? Qu’elle améliorerait l’air ambiant et l’harmonie dans un couple, une famille, une nation ? Les concepteurs d’art contemporain et d’Espace Culture peuvent dormir tranquilles : le pouvoir, l’État, le consensus sont de leur côté ; ils ne seront jamais persécutés pour leur travail. Bien au contraire.

Espace Culture, au fond, c’est le pacifisme appliqué aux choses de la culture. Les zélateurs d’Espace Culture ne “veulent pas de problème” et sont fatigués des conflits, des disputes, des mésententes et des règlements de compte — de tout ce qui, finalement, faisait jadis le sel de l’aventure artistique. Ils ne parlent qu’un langage, à l’instar des lobbys victimaires et des disciples ethnico-égalitaires : celui de l’HARMONIE. C’est pourquoi le volet communautaire et “social” d’Espace Culture est intensément exploité par les apparatchiks du régime. Dans les dernières années, on a ainsi pu assister à la construction de toutes pièces d’une nouvelle “discipline” en sciences sociales : la “médiation culturelle“. Un nouveau vecteur “d’employabilité” très prometteur.

Sur le site de l’organisme Culture pour tous, on peut lire :

Au Québec, le terme « médiation culturelle » est maintenant utilisé par un nombre croissant d’intervenants culturels et chapeaute un vaste ensemble de pratiques allant des actions de développement des publics à l’art participatif et communautaire. Les instances gouvernementales et les municipalités mettent sur pied des programmes visant à contrer l’exclusion culturelle d’une grande partie de la population, alors que les organismes et les artistes multiplient des démarches inédites de rencontre et d’interaction avec les citoyens. Les multiples formes que revêtent la notion et la pratique de la médiation culturelle, ses obstacles et ses enjeux, posent la question plus générale de la condition et de la mutation de la culture aujourd’hui.

Les gens qui vivraient en-dehors des quadrilatères bobos, où fourmillent théâtres et galeries d’art, seraient donc des “exclus de la culture”, auxquels il serait urgent de d’apporter la “beauté” des murs végétaux. Mais surtout, les “exclus de la culture” seraient identifiables par leur “origine ethnoculturelle”. Leur dignité souffrante de minoritaires les poserait d’emblée comme des cibles de choix pour la médiation culturelle, qui a des objectifs avoués “d’inclusion sociale” et de “dialogue interculturel”.

Les mots qui reviennent souvent sous la plume des apparatchiks d’Espace Culture, qui exploitent à des fins idéologiques cette nouvelle “discipline” fumeuse qu’est la médiation culturelle, sont la “rencontre”, le “dialogue”, “l’inclusion” et “l’expression plurielle des identités”. La médiation culturelle serait ainsi le bras actif, technocratique, discret et peu connu du régime techno-progressiste, qui a fait de l’inter/multiculturalisme — bien avant Bouchard-Taylor — la doctrine cardinale de son action. Ce concept est d’ailleurs de plus en plus accrédité par l’Université-État québécois, qui propose des conférences dans les départements de communication sur le thème de la médiation culturelle, ou qui l’insère comme “compétence transversale” dans des programmes existants comme la muséologie et l’histoire de l’art.

La progression d’Espace Culture est constante et pourrait être comparée à la progression du désert : chaque année, le désert avance un peu plus et entame l’espace vivant, amenant un vent sec et mortifère qui assèche l’air de la cité. Carrefour idéologique de l’inter/multicuralisme, de l’égalitarisme, du tourisme de masse et de l’anesthésie critique ; creuset naturel des revendications subventionnaires des lobbys culturels ; objet de culte pour une société en manque de repères ; Espace Culture, on le voit, est promis à un avenir fulgurant.

Un de ces jours, un médiateur culturel vous arrêtera dans la rue ou frappera à votre porte pour vous parler “d’exclusion culturelle”. Il regardera d’un oeil mauvais votre bibliothèque garnie, qui laisse présager un esprit élitiste peu enclin au “partage” et au “dialogue” extra-muros. Une bibliothèque qui, de surcroît, laisse peu de place à la littérature des minorités, étant composée à 99% d’auteurs blancs occidentalo-centristes. “Mais Proust était un homosexuel, ça compte : j’ai tous les volumes de la Recherche”, rétorquerez-vous pour votre défense. Mais ce sera peine perdue. Vous serez définitivement fiché.

Espace Culture ne peut entraîner qu’une spirale inflationniste des dépenses publiques en matière de pédagogisme interculturel, de culture festive et “d’écologie urbaine”. La dimension holistique d’Espace Culture rend difficile sa critique, puisqu’on ne peut que le rejeter d’un bloc, ce qui donne l’impression, chez les récalcitrants, d’un refus massif et irréfléchi. Alors qu’il n’en est rien. Ce qui est massif et irréfléchi, c’est bel et bien Espace Culture et ses “appropriations” infinies, incontrôlables et effarantes des derniers lieux de civilité qui nous restent dans la cité.

Le 10 juillet dernier, le maire de Montréal et “la” ministre de la Culture dévoilaient la première phase du Quartier des spectacles, qui verrait l’aménagement d’une gigantesque Place des Festivals — un chef d’oeuvre dans le genre. Je termine donc ce texte en vous recopiant la description qui en a été faite par Le Devoir. Difficile de ne pas imaginer, dans cette description, l’ébauche générale de la néo-société espaceculturalisée. Cette Place des Festivals a été conçue pour s’étendre, tranquillement mais sûrement, dans les quartiers avoisinants, puis dans la ville toute entière. Elle s’enracine désormais au centre-ville (des installations électriques permanentes ont été prévues dans le souterrain du quartier) et aucun pouvoir ne pourra plus l’en déplacer sans encourir un “séisme” au sein même du fonctionnariat culturel.

Une transformation complète

«Nous avons commencé la transformation complète de ce secteur de Montréal, a expliqué hier aux journalistes l’architecte Real Lestage, de la firme Daoust-Lestage, idéatrice de la mutation. Nous sommes en train de réaliser une grande salle de spectacle à ciel ouvert en plein centre-ville.»

Il a décrit sa future place-fontaine de huit hectares comme «la plus importante du genre au Canada». Les jets d’eau, à pulsion variable, seront éclairés en rouge et blanc, «pour imiter un rideau de scène» et non pas l’unifolié. Le revêtement du sol sera fait de matériaux nobles, dont beaucoup de granit bicolore.

Sur la maquette, la rue Jeanne-Mance rétrécit à trois voies et est carrément fermée à la circulation les jours de grands rassemblements. L’artère jouxte une nouvelle rangée d’arbres et des stands de services temporaires (nourriture ou souvenirs) masquant l’affreuse colonnade du Musée d’art contemporain de Montréal.

La jonction avec la portion ouest de l’îlot Balmoral se fait grâce à un terrain vert incliné menant vers la future Maison du jazz, elle aussi en préparation dans l’immeuble Blumenthal (rue Sainte-Catherine), et l’immeuble Wilder (rue De Bleury), toujours orphelin de projet celui-là. Les plans montrent deux immenses constructions au nord de l’îlot, histoire de bien fermer le quadrilatère, comme l’exige la norme traditionnelle d’aménagement d’une place publique.

Le chantier a déjà nécessité le déplacement de 50 000 mètres cubes de terre, dont une portion contaminée. La visite d’hier a également permis de constater l’insertion d’une immense salle électrique et mécanique en sous-sol. Ce relais aura son vis-à-vis de l’autre côté de la Place des Arts pour former les pôles centraux d’un vaste réseau souterrain de services de branchement high-tech pour les festivals.

Les plans dévoilent trois types de lampadaires, certains vraiment gigantesques pour bien éclairer les foules. Une grande oeuvre d’art haute de cinq étages complète la grand-place de Montréal. Les détails du concours national ou international seront dévoilés plus tard.

Ah ! les touristes…“, La Presse, 13 juillet :

Certes, on peut dénigrer le tourisme de masse : le grand intellectuel Umberto Eco a déjà dit que le bas peuple inculte devrait être banni des musées! Mais il reste que ce continuel brassage de foules est incontestablement un grand générateur de connaissances, de fréquentation culturelle, d’ouverture, de compréhension mutuelle et de pur bonheur. C’est d’abord cela que l’humanité perdrait en se déplaçant moins.

Conclusion ? Plus d’Espace Culture pour faire prendre la mayonnaise des foules “en continuel brassage”, plus de charters de la mort, plus de iPods et de iPhone, plus d’Américains propriétaires de lofts “pied-à-terre”, plus d’anglais nasillard, plus de lunettes fumées “yeux de mouches”, plus, plus, toujours plus de sottise, d’ennui et de déshydratation de l’âme. Un pur bonheur.

J’ai dû sortir de chez moi hier après-midi pour aller m’acheter un livre dans une librairie (le Renaud-Bray de la rue Saint-Denis). Et j’étais effrayé de la CIRCULATION DE MASSE qui y avait cours. Tous ces indigènes montréalais en bermudas et en robe-jogging American Apparel avaient apparemment intériorisé le TOURISME comme mode de vie et de consommation au sein de leur propre ville. C’est donc que l’on peut très bien être touriste chez soi, sans même prendre l’avion.

Le tourisme de masse est le signe le plus visible de la perte de la citoyenneté et de l’occultation de la vie nationale, la preuve la plus indéniable de la perte du réel. On devient automatiquement touriste quand la seule histoire dans laquelle on est en mesure de s’inscrire et de se reconnaître est celle du “mass market” onusien ; quand notre esprit répète sans sourciller, machinal, les slogans de “l’ouverture” et de “la compréhension mutuelle”.

La meilleure chose qui pourrait arriver à l’humanité, c’est que les foules nomades se défassent et que les individus soient tenus de rentrer chez eux. Alors seulement pourra-t-on respirer un peu et retrouver le sens de la cité, des frontières, de l’altérité. Quant à la “génération de connaissances” et à la “fréquentation culturelle”, je crois que ces deux notions se sont toujours mieux accommodées d’un homme retiré et sédentaire, penché sur un livre, engagé avec sérénité dans la vie de l’esprit, que d’une foule amorphe et envahissante, qui empêche, par sa seule présence parasitaire, toute réflexion à des kilomètres à la ronde.

Dans Le Devoir d’aujourd’hui, on pouvait lire que la compagnie Molson Ex se faisait traîner dans la boue par des idéologues victimaires féministes. Ces apparatchiks, qui ont visiblement encore trop de temps à perdre et pas assez d’argent public à dépenser, lui reprochent ses “publicités sexistes”.

Publicité sexiste et méprisante pour les femmes — Serge aime le sport, les autos et… les jolies filles
Molson Ex soulève un tollé en recourant à une publicité qui rappelle les calendriers de garage

La bière Molson coule à flots… et les plaintes aussi. À elle seule, une campagne publicitaire du géant brasseur jugée «à la limite de la pornographie» par ses détracteurs a fait l’objet d’une centaine de plaintes reçues par le Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques, soit presque autant que ce que l’organisme a recueilli au total l’an dernier.

(…)

Dans une lettre adressée au vice-président au marketing de Molson Canada, le président du Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques, Claude Béland, a souligné «le nombre élevé de plaintes» contre l’entreprise, «qui est accusée de sexisme, d’exploitation du corps des femmes et de mépris». «Après avoir analysé les plaintes et en avoir sérieusement débattu, les membres du conseil ont été unanimes à considérer que votre promotion est profondément sexiste et méprisante pour les femmes. Elle n’est nullement compatible avec les normes d’éthique que devraient suivre les entreprises qui font la promotion de l’alcool», pouvait-on lire.

(…)

«C’est dégueulasse», a affirmé Estelle Lebel, directrice de la revue Recherches féministes et membre du Groupe de recherche multidisciplinaire féministe (GREMF). «C’est du niveau des calendriers de garage. On dirait qu’on avance d’un pas et qu’on recule de deux. [...] C’est exactement la définition de la femme objet», a-t-elle ajouté.

(…)

«Il n’y a pas de recours; on considère que c’est le publicitaire qui s’autocensure. C’est un rapport de force entre les mouvements sociaux et les publicitaires», explique Estelle Lebel. «Généralement, le publicitaire réagit aux plaintes et finit par retirer la publicité parce qu’il ne veut pas de problèmes.» Elle déplore que, devant des compagnies qui «poussent leurs publicités le plus loin possible», il revienne à la population d’assurer le rôle de vigile et de dénoncer les abus. Inondés d’images, les gens perdent leurs repères, a-t-elle estimé. «On devrait obliger les compagnies à adhérer à des codes d’éthique», a-t-elle proposé, plaidant toutefois pour l’éducation plutôt que pour la censure. Elle formule également le souhait de voir davantage de femmes siéger aux comités d’éthique.

Selon la compagnie Molson Coors, le nombre anormalement élevé de plaintes contre elle s’explique par une action concertée du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Rimouski. Dans une entrevue accordée mercredi au Journal de Montréal, la porte-parole de ce géant du houblon, Marieke Tremblay, a fait savoir que la priorité de l’entreprise était de rejoindre son public cible, soit les hommes de 18-34 ans qui, selon des études, ont «parmi leurs cordes sensibles le sport, les voitures, la musique, la fête et les belles filles».

Il va sans dire que L’Intelligence conséquente appuie à 100% la compagnie Molson Ex dans cette nouvelle tentative du régime techno-progressiste de criminaliser socialement son public-cible : les hommes de 18-34 ans. De fait, il se trouve que le régime techno-progressiste aimerait bien transformer tous les hommes de 18-34 ans en gastronomes égalitaires, qui préfèrent cultiver du basilic dans leur cour arrière, les matinées de printemps, plutôt que de suivre le hockey. Par conséquent, il ne peut que répudier les “représentations sociales véhiculant des stéréotypes sexistes”, comme dans les délicieuses publicités de Molson Ex, ces “représentations” s’enracinant un peu trop à son goût dans le sens commun des classes populaires.

Il est pour le moins hilarant de voir Estelle Lebel, une apparatchik féministe entretenue par le Système, évoquer la “vigile de la population” contre les publicités des compagnies, comme si la “population” avait eu jamais quoi que ce soit à foutre de ces scrupules puritains qu’on lui prête par nécessité idéologique. La “vigile de la population”, dans le langage d’Estelle Lebel, ne représente rien d’autre que des “mouvements sociaux”, qui s’arrogent un rôle de “vigile citoyenne” au nom de citoyens qu’ils ne fréquentent même pas. Les “mouvements sociaux” n’ont rien à faire de la société réelle et des gens ordinaires ; ils ont des intérêts idéologiques à défendre.

La suggestion de Molson, selon laquelle la hausse du nombre de plaintes seraient due à une manoeuvre de l’un de ces “mouvements sociaux”, est parfaitement crédible, même si elle reste à confirmer. Les “Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel” sont habitués à jouer avec les chiffres : ce ne serait donc pas nouveau. Sur le site de leur “Regroupement”, on peut lire que pas moins de 34% des Québécoises auraient subi une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans, soit 1 220 000 femmes — c’est presqu’une femme sur deux. C’est du délire. Nous avons affaire probablement aux mêmes hystériques du MCCCF/SCF/CSF qui jugent que le moindre “acte de pouvoir, avec ou sans contact sexuel”, peut constituer dans les faits “une agression sexuelle” (Source). Toutes les mystifications statistiques sont bonnes pour prouver la “discrimination systémique” contre les femmes, et pour justifier un renouvellement indéfini des budgets des organismes victimaires.

Que les hommes soient obsédés par le corps des femmes, et que les femmes soient obsédées par l’idée d’apparaître sur un piédestal, c’est vieux comme le monde. Comme si ces “femmes-objets” ne jouissaient pas, elles aussi, de diffuser leur nudité à une ampleur médiatique, comme si elles ne savaient pas ce qu’elles faisaient. Les idéologues victimaires, obsédés par l’idée de javelliser les médias et de les soumettre à la didactique progressiste, dissimulent mal leur envie de pénaliser le désir à sa source et de venir à bout de la différence sexuelle. Car à moins d’accepter de vivre dans un régime communiste, la comédie sexuelle continuera à tous les niveaux, avec ses campagnes publicitaires, ses coups de gueule, ses ruses amusantes, ses déviances.

La dernière chose à faire, en l’occurence, c’est d’imiter Radio-Canada et d’en faire un “débat social”. Il n’y a pas de débat. Le génie du régime est de prendre au sérieux le premier “diagnostic” venu, et de le relancer dans la sphère médiatique pour “créer l’événement”. Le problème à soulever n’est pas, de leur point de vue, la psychiatrisation ainsi organisée du désir masculin, mais la liberté commerciale elle-même, qui ne serait plus compatible avec les “normes citoyennes” progressistes.

Vous trouverez ci-joint quelques exemples des pubs de Molson Ex. Difficile, après les avoir visionnées, d’imaginer des gens du peuple porter plainte auprès d’organismes “citoyens” (d’ailleurs, ils ne sont même pas au courant que de pareils organismes existent). Il n’y a qu’une seule catégorie de la population que de telles pubs peuvent déranger, et ce sont les “regroupements” professionnels d’enragés égalitaires.

Comique

Bombarde

La Presse, 6 juillet, p. A2 :

Les Montréalais ont eu bien des occasions de danser hier. Après avoir été invités à se trémousser sur des rythmes africains et caribéens par les organisateurs de la Carifête, c’est la Corée du Sud qui leur a lancé le même appel en soirée en leur offrant un spectacle pyrotechnique sur le thème “M’accorderiez-vous cette danse ?” Les feux d’artifice ont explosé sur des musiques pour le moins éclectiques, passant du cancan au tango et au disco, en plus d’un peu de mélodies traditionnelles coréennes. Fait inusité, l’entreprise qui a présenté le spectacle, hier, a été fondée en 1952 au lendemain de la guerre de Corée, quand a recommencé la course à l’armement. Ce n’est qu’en 1964 qu’elle a changé sa production de bombes destructrices pour celle de bombes esthétiques.

Il faudrait voir de plus près le recyclage, par les néo-humains du 21e siècle, de l’arsenal militaire du temps historique en arsenal festif. Ce n’est pas la première fois que je lis un truc de ce genre. Je sais qu’une falaise en Gaspésie, qui servait autrefois à l’armée de camp d’entraînement, est aujourd’hui utilisée par l’industrie touristique du sport extrême. Je ne serais pas surpris d’apprendre que la touristisation de l’armée et de ses outils de combat est une pratique coutumière dans les pays occidentaux.

Certains Montréalais d’élite, qui n’ont pas encore l’esprit grillé par la propagande techno-progressiste, savent d’instinct qu’il est périlleux de fréquenter le centre-ville en période estivale. L’arsenal festif est désormais trop imposant pour espérer échapper à l’une ou l’autre de ses offensives : feux d’artifices pétaradants, défilés multiethniques, financement humanitaire et écologiste, police égalitaire, congrès multimédia…

Les défilés ethnicisants comme la Carifête peuvent d’ailleurs être vus, sous leur apparence festive, comme des parades militaires que le nouveau pouvoir multiculturel déploierait sciemment dans la cité pour asseoir son autorité sur la population. La Carifête, ou encore la Fête des italiens machin chouette, les contribuables québécois s’en contre-fichent bien, et pourtant ils sont impuissants à en empêcher le financement régulier par l’État.

Une habituée du défilé, Savory Jalet, a regretté qu’autour d’elle les spectateurs aient presque tous la peau noire: “Ce serait un événement merveilleux pour favoriser les rencontres et les échanges interculturels, mais les Blancs ne viennent pas. Ils ne sont pas bien informés de ce qui se passe ici.” (La Presse, “Des milliers de personnes au rendez-vous de la Carifête, 6 juillet, p. A6)

Comment ne pas voir que c’est ainsi que le régime se renforce ? Plus les Québécois se montrent écoeurés de la soupière inter/multiculturelle qu’on leur sert, plus la nécessité de renforcer cette orientation idéologique se manifeste. Ils ne sont pas bien informés ! Ah bon ! Et pourtant la propagande d’État sur les festivals de ce type ne cessent d’être parachutée sur tout le territoire national, à chaque saison, sous prétexte d’ouvrir les Québécois “à la différence”.

Les Québécois ne vivent plus sous un régime politique représentatif. Ils ne sont plus entendus. Ils aimeraient que ces fêtes ethniques de merde (souvent organisées en anglais, de surcroît), qui siphonnent les fonds publics, disparaissent du radar subventionnaire d’Espace Culture. Ils aimeraient que les immigrés entreprennent de devenir des Québécois, plutôt que d’aller à rebours de l’intégration nationale. Il est vrai que plusieurs immigrés profitent de leur “immunité différentielle” — garantie par la Charte des droits et les politiques inter/multiculturelles — pour cultiver leur “ethnicitude” sur plusieurs décennies. Des participants de la Carifête n’ont-ils pas affirmé avoir été de toutes les éditions de l’événement depuis 34 ans ?

Il est toutefois difficile d’éliminer ces festivals multiculturels, puisqu’il s’agirait dans ce cas d’attaquer de front la logique touristique. Citée dans l’article de La Presse sur la Carifête, Catherine McCullum, touriste irlandaise, s’exclame avec ravissement : “On m’a toujours vanté le multiculturalisme de Montréal et là, au détour d’une rue, je tombe sur un événement pareil ? C’est le comble !” Oui, nom de Dieu, c’est le comble de tomber sur des pitounes métis en paillettes, qui sont par ailleurs les mêmes que celles de la Carifête de Toronto, de New York ou de… Dublin. On pourrait s’étonner que les touristes dépensent pour aller voir à l’étranger ce qui se trouve déjà chez eux, dans leurs propres métropoles inter/multiculturalisées, mais ce serait mal comprendre le tourisme.

Comme l’inter/multiculturalisme (dont il est le bras marchand), le tourisme n’a que faire de la différence réelle. Il est là pour permettre la visite impersonnelle des espaces nationaux, transformés avec la fin de l’Histoire en destinations touristiques, où le touriste post-humain peut retrouver avec bonheur le même niveau d’abrutissement familier. Le tourisme consiste en effet à vérifier, sur un mode festif et jovial, que tout le monde sur la planète est devenu comme soi : mort, iPodé, interculturalisé…

Une réflexion politique sérieuse ne peut pas faire l’économie des festivals multiculturels et des installations festives à grand déploiement. Ils sont là pour une raison : pour bombarder l’ennemi et venir à bout des résistances.

Identifier cet ennemi, les raisons pour lesquelles il est attaqué, la cartographie des résistances, est une première étape pour comprendre la réalité où nous sommes plongés. Une contre-attaque politique majeure n’est guère possible tant que ce travail de débroussaillage intellectuel n’est pas fait.

Champlain

Billet surréaliste sur le blogue de Richard Hétu. Champlain, qui avait appris à négocier avec les Amérindiens, ne l’aurait pas fait par simple réalisme tactique, nous dit-on, mais par idéalisme pluralistique. Déjà, il jettait les bases du Québec d’aujourd’hui : tolérance, pluralisme, dialogue, compassion. Aujourd’hui en 2008, avec l’absolutisme relativiste, le pluralisme idéologique, la police de la pensée gouvernementale, l’égalitarisme dingo, l’anéantissement de la liberté d’expression, les Commissions de consultation et de délation, nous réalisons enfin le “rêve” de Samuel de Champlain, fondateur de Québec. N’est-ce pas merveilleux ? L’Histoire est un long Progrès, et nous en sommes l’apex !

Bon 400e à tous !

Une femme qui se présente comme “Chiliquoise” signe un papier délirant aujourd’hui dans Le Devoir, où elle s’adonne sans vergogne au chantage victimaire le plus fiévreux qui soit. Saluons au passage, une fois de plus, le jugement de la responsable de la page Idées du Devoir, Marie-Andrée Chouinard, qui, comme on le sait, ne peut s’empêcher de se jeter avec la rapidité du chacal sur le moindre texte qui en appelle à la repentance occidentale.

Lettres - Cher Québec
Claudia Valdivia, Chiliquoise, Chilienne d’origine et Québécoise d’adoption
24 juin 2008

Cela fait 35 ans que je vis ta vie. Que je goûte ton être, tes 400 années d’histoire. Histoire qui n’est pas mienne. Pourtant, aujourd’hui, j’en fais partie.

Et comment puis-je la partager avec toi? Avec tant d’immigration que tu dédaignes tant? Avec tant de talent laissé dans les oubliettes de l’État? De quoi as-tu peur, Québec? De ma différence? De ma ressemblance? De ma culture? De mon intégration? De ma compréhension de ton histoire? À laquelle j’appartiens, et ce, malgré moi? Moi qui t’aime tant. Moi qui te chante tout le temps: «Mon cher Québec, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour…» À la Gilles Vigneault, il va de soi! Moi qui connais plus ta langue que la mienne et qui la défends malgré les tiens qui se cachent derrière des paroles telles que: «Bonne chance…» Je te dis quand même «Bonne fête», car je dis, comme une grande utopiste, que la liberté, elle commence là où elle se termine. Je bois à ta santé! Au bonheur que nous léguerons à nos enfants, car le monde est ouvert aux rencontres des peuples, des origines, des religions, des cultures, des différences. Et surtout, parce que nous voulons tous, vieillards et enfants, vivre et nous épanouir dans «le meilleur des mondes»! À ta santé, Québec! Qu’elle te soit honorable et respectueuse de tous les humains qui la composent.

 

Est-ce une blague ? Un canular ? Ce monde d’amour dont nous parle cette Chiliquoise est un ”meilleur des mondes” où “la liberté commence là où elle se termine“. Dites donc, ça promet. Des volontaires ? Non ? Vous hésitez ?

Mais que se passe-t-il ? Seriez-vous fermés d’esprit ? Vous avez peur, hein ? PEUR DE LA DIFFÉRENCE ? Sales petits fachos, allez. Ne me forcez pas à déposer une plainte à la Commission des droits de la personne : ouvrez les vannes de l’État ; continuez à payer vos impôts ; à démolir vos programmes d’histoire pour m’accommoder, moi, la Chiliquoise toute-puissante ; et allez tous vous faire foutre.

Vive la tolérance ! Vive la différence ! Vive le monde nouveau !

Pratte

Une Fête nationale qui ne serait pas politique, voilà qui est curieux. Pourquoi pas abolir la Fête nationale et lui substituer une Fête interculturelle, “Le Solstice d’été” ? D’ailleurs c’est déjà commencé. Le 21 juin dernier, le festival Présence autochtone tenait “la cérémonie civique du Jour national des peuples autochtones“, qui réunissait “dignitaires des gouvernements, dirigeants des Premières Nations et le maire de Montréal“.

Des personnalités autochtones telles que chefs de file spirituels et sommités de la scène culturelle sont invitées à entretenir les participants des grands principes qui unissent les peuples. Elle est suivie du Solstice des nations - Fête à fête en collaboration avec le Comité de la fête nationale à Montréal.

Ce “fête à fête”, nous dit-on, souligne le passage d’un feu de joie, celui du 21 juin (Jour national des peuples autochtones), à celui des feux du 24 juin, Fête nationale des Québécois. Pourquoi, puisque les Québécois interculturalisés ne forment plus le corps souverain du territoire, le “fête à fête” ne serait pas prolongé à toutes les fêtes dites “nationales” des autres “communautés” ? Toutes ces “fêtes” réunies par les bons sentiments interculturels permettant de constituer une gigantesque guirlande festive, qui décorerait notre calendrier national, transformé entre-temps en calendrier de l’ONU.

Parions que les récriminations xénophobes et intolérantes des quelques Québécois restés encore lucides sur leur sort malgré la propagande seront promptement enterrées sous les tam-tam, les “pas de politique svp…” et les plaintes à la Commission des droits de la personne.

Peace !

Sculptures

Tout ce qui affaiblit Espace Culture, tout ce qui fait de la peine aux chroniqueurs d’art contemporain, aux imposteurs du fonctionnariat culturel ; toutes les nouvelles qui annoncent une “installation-performance” de moins ; tout ce qui, dans l’univers, concourt à être défavorable aux programmes de maîtrise ès Subversion de Concordia et de l’UQAM mérite, dans l’immédiat, une salve d’applaudissements et de remerciements.

Pendant ce temps, Marie-Claude Lortie se désole de la lenteur de Montréal à rejoindre les autres capitales du monde dans leur course effrénée à l’insignifiance et à la néantisation ludique : “Pourquoi, demande-t-elle, on ne repeint pas les silos du Vieux-Port en rose ? Pourquoi on ne met pas un toit vert sur le stade ? Pourquoi on ne construit pas des béquilles géantes pour nos viaducs ? Ça serait drôle, non ?

Eh bien non, ma chère MC : ça ne serait pas drôle. Ni intéressant. Ni beau. Mais puisque justement l’art contemporain consiste à être drabe, ennuyeux et laid à mourir, il est à parier que ces critères, loin d’être vus comme des repoussoirs, seront considérés comme des qualités propres à relancer la machine à subvention.

D’ici là, amis humains, goûtons notre modeste victoire sur les robots d’Espace Culture. Il y aura quelques “sculptures urbaines” de moins cet été, c’est déjà ça de pris. La saison n’en sera que plus légère et agréable.

Champagne !

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